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Sécu­rité. La Ville va étendre la vidéo-verba­li­sa­tion au bas des Pentes

C’est une déli­bé­ra­tion surprise qui s’est invi­tée au conseil d’ar­ron­dis­se­ment de la mairie du 1er, mercredi soir. Mis à l’ordre du jour dans le cadre d’une procé­dure d’ur­gence initiée par la mairie centrale, le projet d’ex­pé­ri­men­ta­tion de la vidéo-verba­li­sa­tion dans plusieurs rues du bas des Pentes de la Croix-Rousse n’a pas laissé indif­fé­rents les nouveaux élus pour­tant tous issus de la majo­rité – une seule liste conduite par les écolo­gistes était en lice au second tour des élec­tions muni­ci­pales dans le 1er arron­dis­se­ment. 

 

Une déli­bé­ra­tion « crash-test »

« Il y a des déli­bé­ra­tions qui sont direc­te­ment sensibles, a ironisé Laurence Boffet, conseillère d’ar­ron­dis­se­ment issue du mouve­ment Lyon en Commun. Si certains étaient inquiets de savoir qu’a­vec une seule majo­rité les débats seraient absents du 1er arron­dis­se­ment, là on est carré­ment servi ! C’est la “délib’ crash test”. Nous avons toujours voté contre ce genre de déli­bé­ra­tions. Que faire ?  », s’in­ter­roge-t-elle. L’ou­til n’a, selon elle, jamais prouvé son utilité « pour empê­cher les actes d’ar­ri­ver ». 

Un avis partagé par sa colis­tière Natha­lie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture à la mairie centrale. « Depuis 2001, la vidéo-surveillance a été instal­lée. Lyon a fait des camé­ras sa réponse aux ques­tions d’in­sé­cu­rité au détri­ment de moyens humains et de la préven­tion. Si cela marchait, on ne se trou­ve­rait pas dans cette situa­tion aujourd’­hui », estime l’ex-maire du 1er lors des trois précé­dents mandats

 

Rodéos et nuisances sonores

Concrè­te­ment, le projet vise à étendre la vidéo-verba­li­sa­tion – déjà utili­sée dans plusieurs quar­tiers comme à la Guillo­tière – à plusieurs rues du 1er déjà équi­pées (Roma­rin, Capu­cins, René-Leynaud, place Louis Pradel, etc.) sous forme d’ex­pé­ri­men­ta­tion jusqu’à fin janvier 2021 les vendre­dis et same­dis soir. Objec­tif : lutter contre la recru­des­cence des inci­vi­li­tés (rodéos, nuisances sonores, etc.), en hausse dans ce secteur depuis le décon­fi­ne­ment.  

« Nous n’avons pas jugé souhai­table de solli­ci­ter une présence humaine statique sous la forme d’un barrage filtrant car son coût est élevé et cela mobi­lise des forces de police qui pour­raient être néces­saires dans d’autres endroits de la ville, a expliqué Yasmine Bouagga (EELV), maire du 1er. C’est pourquoi nous avons proposé un arrêté d’in­ter­dic­tion de circu­la­tion les soirs de week-end qui sert de base légale aux contrôles ponc­tuels de la police muni­ci­pale et natio­nale et qui pour­ront être mis en œuvre égale­ment grâce à la vidéo-verba­li­sa­tion. »

 

Bien­tôt un vote à l’Hô­tel de Ville

La nouvelle édile a toute­fois précisé qu’«  il ne s’agit pas d’une solu­tion magique au problème de sécu­rité », bien consciente que, sous la précé­dente manda­ture, la poli­tique de vidéo-surveillance avait suscité «  bien des réti­cences et critiques de la part des diffé­rentes sensi­bi­li­tés poli­tiques qui composent notre majo­rité  ». 

In fine, le conseil d’ar­ron­dis­se­ment donnera son aval au projet. Les cinq élus Lyon en commun se sont abste­nus. Le projet doit être voté en conseil muni­ci­pal ce jeudi 30 juillet. 

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