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Ecoles. Les Tables-Clau­diennes veulent garder leur classe

Chaque année, des écoles perdent ou gagnent de nouvelles classes en fonc­tion du nombre d’en­fants qu’elles accueillent. Le verdict, très attendu par la commu­nauté éduca­tive, est déli­vré par le recto­rat de l’Aca­dé­mie concerné et découle d’un long proces­sus qui commence dès le mois d’oc­tobre.

Si les repré­sen­tants des parents d’élèves et des ensei­gnants ont leur mot à dire sur les choix opérés par le recto­rat, et donc l’Etat, ils n’ont pas la main­mise sur le résul­tat final. D’où le senti­ment d’injus­tice que ressent l’école des Tables-Clau­diennes (Lyon 1er) , qui devrait perdre une classe de mater­nelle à la rentrée 2020.

Une classe de moins

La direc­tion en a été infor­mée vendredi dernier : l’école mater­nelle de la Grande-côte va être ampu­tée d’une classe dès septembre et ne profi­tera pas des 440 nouveaux emplois de profes­seurs (équi­va­lents temps pleins, ETP) créé au niveau natio­nal, en grande partie pour mettre en oeuvre l’une des promesses de l’exé­cu­tif : ne plus suppri­mer d’école en zone rurale.

Du côté du recto­rat, les prévi­sions d’ef­fec­tif publiées dès janvier ont révélé une légère baisse des inscrip­tions en mater­nelle et en élémen­taire : 1 109 élèves de moins que l’an­née précé­dente (soit 292 470 atten­dus en tout). Et les Tables-Clau­diennes, qui rassemble envi­ron 250 familles, serait concer­née par cette tendance, d’où le choix du recto­rat de suppri­mer une classe.

« Cette année, la petite section était un peu plus légère, donc ils se sont basés sur cela, explique la repré­sen­tante des parents d’élèves, Sandrine Kolassa. Mais, même s’il y a 10 inscrits de moins, l’école mater­nelle et élémen­taire fonc­tionnent ensemble. Il n’y a qu’une direc­trice, beau­coup d’échanges, les mêmes locaux…Il est donc absurde de faire un comp­tage seule­ment pour la mater­nelle. »

Dans une péti­tion publiée dimanche soir, elle pointe égale­ment la suppres­sion méca­nique d’un poste de profes­seur des écoles et d’ATSEM et la dégra­da­tion du bien-être des enfants qui en décou­le­rait. « Nous avons égale­ment envoyé un cour­rier nomi­na­tif et person­nel à la direc­tion des services dépar­te­men­taux de l’édu­ca­tion natio­nale (DASEN), à la direc­tion de l’or­ga­ni­sa­tion scolaire de l’aca­dé­mie (DOS), au maire de Lyon et à son adjoint à l’édu­ca­tion Guy Coraz­zol. » Sans réponse pour l’heure.

Inquié­tude parti­cu­lière

Si des ferme­tures de classes – compen­sées parfois par des ouver­tures ailleurs dans l’Aca­dé­mie – sont monnaie courante chaque année, le contexte de la crise sani­taire ne fait qu’ac­croître les inquié­tudes des parents d’élèves.

Ils peuvent comp­ter sur le soutien du Snuipp-FSU, qui repré­sente les profes­seurs des écoles : « Le ministre Blanquer avait pour­tant annoncé le 27 mars sur TF1 que des mesures excep­tion­nelles seraient prises pour la rentrée 2020 (…)  Si quelques retraits ont été annu­lés dans le rural, la métro­pole lyon­naise ne béné­fi­cie d’au­cune mesure bien­veillante. La faible dota­tion supplé­men­taire de 16 postes sera inté­gra­le­ment utili­sée pour annu­ler les ferme­tures de classes dans des écoles rurales, » souligne le syndi­cat dans un récent commu­niqué.

« Nous consi­dé­rons qu’il est malhon­nête de prendre cette déci­sion dans un tel contexte, alors que l’on ne peut pas vrai­ment protes­ter. Jusqu’à main­te­nant, c’était une hypo­thèse mais récem­ment le ton a changé, » déplore Sandrine Kolassa, impliquée depuis trois ans dans la vie de l’école.

Le 14 avril, la péti­tion déployée par les parents des Tables-Clau­dienne avait récolté plus de 524 signa­tures. La rentrée de septembre donne toujours lieu à des ré-ajus­te­ments en fonc­tion des véri­tables inscrip­tions dans les écoles, mais les Tables-Clau­diennes espèrent un revi­re­ment avant la rentrée.

 

Élise Capo­gna

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