Mon quartier au quotidien


Coulisses : Comment fabrique-t-on Tribune de Lyon à l’ère du coro­na­vi­rus ?

Comme tous les secteurs d’ac­ti­vité, votre hebdo préféré a été brusque­ment cham­boulé par la crise sani­taire. Pagi­na­tion réduite, chômage partiel, télé­tra­vail, nouvelles rubriques… Le choc impacte l’en­semble des services qui œuvrent chaque semaine à la créa­tion du titre. Mais au milieu de cette zone de turbu­lences, une belle effer­ves­cence soli­daire émerge. Plon­gée dans les coulisses de votre jour­nal au temps du Covid-19. 

Réin­ven­ter le contenu.

Élise Capo­gna, Romain Desgrand et David Gossart.

Mercredi 14 h 30. Dès le lende­main du bouclage, la rédac­tion planche déjà sur le prochain numéro. Jusqu’ici rien d’ex­tra­or­di­naire. Mais doré­na­vant tout s’or­chestre à distance. Les jour­na­listes, comme la quasi-tota­lité des sala­riés de Rose­bud éditions, travaillent depuis leur salon.

Super­visé par le rédac­teur en chef, Antoine Comte, la confé­rence de rédac­tion en ligne est désor­mais le seul moment de la semaine où les rédac­teurs sont tous « réunis ».

L’enjeu est de taille : parta­ger les idées et distri­buer les sujets afin d’in­for­mer au mieux les Lyon­nais sur cette « guerre » contre le virus qui évolue au quoti­dien.

Victo­ria Philippe.

Pour concen­trer nos forces sur la réali­sa­tion d’édi­tions spéciales et la publi­ca­tion d’ar­ticles sur notre site Salade lyon­naise, plusieurs rubriques (critique gastro­no­mique, sorties, etc.) et notre édition Croix-Rous­sienne ont été mises en pause. D’en­vi­ron 80 pages pour un numéro clas­sique, le jour­nal en comporte désor­mais une cinquan­taine.

Une fois le programme établi, la course est lancée. Pour respec­ter le confi­ne­ment, les repor­tages sur le terrain sont désor­mais excep­tion­nels. Seule notre photo­graphe, Victo­ria Philippe, sillonne encore les rues de la ville pour illus­trer les diffé­rents sujets.

Coup de frein.

Fabienne Gaudin.

Le service commer­cial qui coor­donne le lien avec les annon­ceurs du jour­nal a été impacté de plein fouet par la crise. Du fait de la chute globale des acti­vi­tés, le nombre d’es­paces publi­ci­taires vendus par les commer­ciaux subit un sérieux coup de frein, engen­drant une évapo­ra­tion d’une partie de nos sources de reve­nus.

« Même si la situa­tion est grave, on essaie d’être posi­tifs. On ne peut pas rester passifs et abasour­dis, il faut conti­nuer à avan­cer », souligne Fabienne Gaudin, la respon­sable commer­ciale qui main­tient, tout au long de la semaine, le lien avec les annon­ceurs et les équipes. « Tout est flou et mouvant. Il faut sans cesse s’adap­ter ».

Même constat pour le service qui gère les annonces légales que vous retrou­vez à la fin du maga­zine. « L’ac­ti­vité est en baisse car beau­coup de cabi­nets d’avo­cats ont mis leurs colla­bo­ra­teurs en chômage partiel », constate Marine Benoit. Non sans crainte d’être elle-même confron­tée au virus, Marine sort de chez elle une fois par semaine pour se rendre dans nos locaux rue des Marron­niers (Lyon 2e) afin de mettre en page les annonces.

Animer le réseau.

Faut-il impri­mer le jour­nal ou simple­ment éditer une version numé­rique ? Depuis que nos vies ont basculé dans l’ère du confi­ne­ment, la ques­tion se pose chaque semaine.

Ivan Thomas.

Pour l’ins­tant, nous avons fait le choix de main­te­nir la publi­ca­tion papier. Après le bouclage du mardi soir, Tribune de Lyon passe donc toujours sous presse à l’im­pri­me­rie Chirat (Loire) pour être ensuite distri­bué auprès des marchands de jour­naux.

Mercredi et jeudi, Ivan Thomas, respon­sable diffu­sion, est sur le pont pour appro­vi­sion­ner certains points de vente avec l’aide d’une équipe de livreurs et animer le réseau de marchands de jour­naux. « Il ne s’agit pas simple­ment de dépo­ser des maga­zines, il y a toute une logis­tique à orga­ni­ser pour diffu­ser le jour­nal et le mettre en avant », explique-t-il.

Surface digi­tale.

« Dispa­raître de la surface digi­tale en cette période serait un énorme risque. C’est impor­tant de montrer qu’on est toujours présents ». Depuis chez elle, Marie-Céline Béron, respon­sable marke­ting et acqui­si­tion lecteurs, assure la visi­bi­lité du titre sur les réseaux sociaux et main­tient le dialogue avec les lecteurs.

À cause de la livrai­son aléa­toire du cour­rier, de nombreux abon­nés reçoivent l’heb­do­ma­daire plusieurs jours après sa paru­tion. Pour pallier à ce retard, une version numé­rique est systé­ma­tique­ment envoyée.

Une recette moins pimen­tée.

Chaque début de semaine, c’est la course contre la montre. L’équipe de desi­gners graphiques doit mettre en page les articles avant la phase de relec­ture. « Tech­nique­ment nous avons tous les outils néces­saires pour travailler à distance. Mais ce qui fait le piment de la presse, c’est cette émula­tion, cette espèce de ruche qui se crée autour de la confec­tion du jour­nal. Je crois que c’est ce qui me manque le plus aujourd’­hui », témoigne Estève Gili, desi­gner graphique, ravi de « réin­ven­ter une façon collec­tive de travailler ».

Richard Gioria.
Estève Gili.

Penser à demain.

François Sapy.

Comment main­te­nir le cap en pleine tempête ? Au jour le jour, la direc­tion repré­sen­tée par François Sapy coor­donne l’en­semble des services et ajuste la stra­té­gie en fonc­tion de l’évo­lu­tion de la situa­tion.

Une bonne partie des sala­riés est en chômage partiel. Dans le secteur déjà fragile de la presse écrite, la prio­rité est de garder la tête hors de l’eau tout en main­te­nant notre mission prin­ci­pale : décryp­ter et faire comprendre la ville de Lyon à nos lecteurs. En paral­lèle, un plan de sortie de crise se prépare pour hisser à nouveau les voiles au retour des jours meilleurs.

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