Mon quartier au quotidien


Trai­te­ment contre le Covid-19 : où en est l’es­sai pion­nier Disco­very ?

Cet essai nova­teur à plus d’un titre (lire ici), piloté par le Pr Florence Ader (photo), infec­tio­logue au service des mala­dies infec­tieuses de l’hô­pi­tal de la Croix-Rousse des Hospices civils de Lyon, atteint la barre des 16 jours depuis son démar­rage. 

L’oc­ca­sion pour faire le point avec le Pr Ader sur son avan­cée et ce qu’on peut attendre de ces proto­coles mis au point « en 6 jours et 6 nuits début mars, autant dire il y a deux mille ans !  » Depuis, les HCL ont mis en place les moda­li­tés d’un point-presse vidéo sur Youtube, qui s’est tenu ce mercredi 8 avril dans la mati­née. 

 

En quoi Disco­very est une première ?

C’est la première fois qu’on peut étudier une épidé­mie mondiale en temps réel. 

« Au moment de la grippe espa­gnole, c’était la 1ère fois qu’on pouvait commu­niquer dessus, mais on n’a rien pu propo­ser à part l’im­mu­nité de groupe, l’épi­dé­mie s’est éteinte d’elle-même. Ensuite, sur le VIH, il a fallu plusieurs années pour arri­ver à des médi­ca­ments. Sur le chikun­gu­nya, ebola… Il y a eu des recherches, mais très tardives, et pas de conclu­sion très nette ». 

 

D’où viennent les médi­ca­ments anti­vi­raux utili­sés dans l’étude ?

Des labo­ra­toires qui les four­nissent gratui­te­ment : Sanofi (hydroxy­cho­lo­roquine), AbbVie (combi­nai­son lopi­na­vir-rito­na­vir), Merck (inter­fé­ron bêta) et Gilead (remde­si­vir).

 

Comment se mani­feste la mala­die ?

Une première phase d’une semaine où le virus pénètre dans l’or­ga­nisme et se multi­plie sans réponse immu­ni­taire, puisque le virus était jusqu’ici inconnu. Un patient atteint conta­mine entre une et deux personnes en moyenne. 

Une seconde phase qui dure entre 7 et 14 jours après les premiers symp­tômes, où la situa­tion s’ag­grave. Deux cas dans cette situa­tion : soit le patient ne déve­loppe pas une réponse immu­ni­taire suffi­sante car la mala­die grève cette possi­bi­lité, et le virus conti­nue à se multi­plier pour abou­tir à une défaillance des organes. Soit le patient déve­loppe une réac­tion immu­ni­taire trop impor­tante, ce qui met place le malade en diffi­culté. 

Ce qui déli­mite donc quatre profils de patients : « Deux profils non hospi­ta­li­sés avec peu ou pas de symp­tômes et qui guérissent seuls, et les gens avec des symp­tômes impor­tants, qui motivent une hospi­ta­li­sa­tion. Ceux-ci peuvent soit demeu­rer en hospi­ta­li­sa­tion conven­tion­nelle, soit ils néces­sitent un suivi plus rappro­ché, voire en réani­ma­tion  ».

 

Peut-on anti­ci­per de quelle manière va réagir un patient ?
« Non, pour l’ins­tant nous ne sommes pas capables de prédire quels cas vont s’ag­gra­ver ou pas  ». 


Quel est le nombre de patients à avoir rejoint l’étude ?

À ce jour, les 25 centres qui ont inté­gré l’es­sai ont recruté 530 à 540 patients sur les 800 visés. Ils sont répar­tis au sein des quatre volets de l’étude, sans que les méde­cins ne décident qui va où pour assu­rer l’équi­libre, la rando­mi­sa­tion de l’es­sai.

 

Quand va-t-on en apprendre davan­tage ?

La mala­die évoluant lente­ment, « le meilleur moment pour tirer une évalua­tion clinique, c’est quinze jours après l’in­clu­sion  ». Or, de nouveaux patients intègrent l’étude au fil de l’eau. Donc avant d’at­teindre une quan­tité de résul­tats suffi­sante et utili­sables au quin­zième jour, « l’ana­lyse des quelques premières centaines, il faudra attendre la fin du mois  ». 

 

Qui analy­sera les résul­tats ? 

Des spécia­listes exté­rieurs à l’es­sai dans l’ana­lyse des données massives. Puis les résul­tats bruts seront « analy­sés à l’aveugle par un comité inter­na­tio­nal indé­pen­dant  ». 

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