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Covid-19. L’es­sai clinique démarré à la Croix-Rousse, « un exploit absolu »

Disco­very, l’es­sai natio­nal pour tester diffé­rentes molé­cules et soins théra­peu­tiques contre le nouveau coro­na­vi­rus (lire ici), vient de démar­rer. Ce dimanche l’hô­pi­tal Bichat de Paris et l’hô­pi­tal de la Croix Rousse ont inclus leurs premiers patients dans cette étude.

 

« Jour et nuit depuis le 1er mars »

« Un proto­cole monté dans un temps abso­lu­ment record. Les équipes y travaillent jour et nuit depuis le 1er mars. C’est un exploit absolu pour un proto­cole d’une telle ampleur  », a tenu à souli­gner depuis l’hô­pi­tal de la Croix-Rousse lors d’un point presse sur Skype, confi­ne­ment oblige, le Pr Florence Ader. La profes­seure de mala­die infec­tieuse est en charge du recru­te­ment des patients d’une étude qui vise les 800 sujets en France, et au moins 3 200 en Europe. Un proto­cole promu par l’In­serm, avec notam­ment l’ap­pui du consor­tium euro­péen dédié aux mala­dies infec­tieuses émer­gentes REAc­ting.

 

Essai rando­misé

Il s’agit là d’un essai dit « rando­misé » : chaque patient se voit alloué au hasard l’un des quatre « bras » de trai­te­ment (quatre type de théra­pies, molé­cules ou asso­cia­tions de molé­cules, sont testés). Seront parti­cu­liè­re­ment suivis, au jour le jour, l’ef­fi­ca­cité et la tolé­rance des diffé­rents trai­te­ments.

Peuvent être inclus des patients de service de réani­ma­tion, de services de mala­die infec­tieuse, voire de services non spécia­li­sés deve­nus services « Covid » depuis le début de la crise. Ce qui permet d’as­su­rer de pouvoir clas­ser les malades selon diffé­rentes strates, diffé­rents ordres de gravité.

 

Essai de recherche en temps réel, « un concept nouveau »

Parti­cu­la­rité de Disco­very : c’est un essai de recherche en temps réel, et évolu­tif. « Il faut être en capa­cité de réagir à ces “bouf­fées” épidé­miques, de mettre en place des essais et des stra­té­gies théra­peu­tiques pour sélec­tion­ner des molé­cules afin de les rendre dispo­nibles aux patients le plus rapi­de­ment possible, tout en restant scien­ti­fique­ment rigou­reux. C’est un concept un peu nouveau  », pointe Florence Ader.

Évolu­tif signi­fie que les essais non concluants peuvent être aban­don­nés, au profit de molé­cules promet­teuses, le tout au cours d’étude. Autre avan­tage du proto­cole mis en place: il permet de démar­rer rapi­de­ment les essais une fois un patient inté­gré à l’étude, alors que la rapi­dité de prise en charge semble un élément impor­tant du soins du Covid-19.

 

Chlo­roquine à l’es­sai : restons calme !

Disco­very  va aussi étudier la chlo­roquine (lire ici), ou plutôt l’hy­droxy­chlo­roquine, une version « plus sécure et moins toxique  » de la chlo­roquine, comme l’a précisé le Pr Bruno Lina, membre du comité scien­ti­fique qui entoure Emma­nuel Macron pour gérer la crise du coro­na­vi­rus, et cher­cheur au centre des mala­dies infec­tieuses des Hospices Civils de Lyon (lire ici et ).

Pourquoi ajou­ter cette molé­cule contro­ver­sée depuis les résul­tats marseillais du Dr Raoult ? « Un papier chinois très impor­tant a apporté des éléments très inté­res­sants, un buzz scien­ti­fique robuste au sujet de cette molé­cule, et c’est le péri­mètre de l’étude Disco­very que d’in­té­grer une molé­cule inté­res­sante. Elle sera évaluée comme les autres, c’est un essai prag­ma­tique  », tempère Florence Ader.

 

Des résul­tats pour quand ? 

La première évalua­tion clinique des patients a lieu au 15e jour, mais la montée en charge de leur inclu­sion en grand nombre permet d’en­vi­sa­ger « une vague de premiers résul­tats dans les semaines qui viennent. Ensuite on espère pouvoir, sur la base des résul­tats posi­tifs obte­nus, lorsqu’un bras de l’es­sai aura montré sa supé­rio­rité et pas de toxi­cité, propo­ser aux régu­la­teurs français et étran­gers un schéma théra­peu­tique. Il peut y avoir alors, dans ce cas, une libé­ra­tion rapide  », des médi­ca­ments, a anti­cipé le Pr Lina.

 

David Gossart

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