Mon quartier au quotidien


François Guize­rix, des Guignols à Guignol

Si François Guize­rix est revenu à ses « premiers amours », le théâtre, c’est avec les marion­nettes qu’il a fait carrière. Celui qui vit depuis dix ans à la Croix-Rousse a travaillé plusieurs décen­nies pour Les Guignols de l’info, singeant les person­na­li­tés qui faisaient l’ac­tua­li­té.

Quand les Guignols commencent en 1988, sous le nom des Arènes de l’info, François est immé­dia­te­ment solli­ci­té. En effet, il a derrière lui dix ans d’ex­pé­rience des marion­nettes filmées. Diplô­mé de l’En­satt (École natio­nale supé­rieure des arts et tech­niques du théâtre), il a appris sur le tas à mani­pu­ler le héros de Croque-vacances et autres person­nages en mousse. Celui qui restera dans l’aven­ture pendant trente ans se souvient : « Au début, on était quatre marion­net­tistes. C’é­tait le bordel inté­gral mais c’é­tait génial, un vrai moment de créa­tion. » Ce JT sati­rique pren­dra de l’im­por­tance, jusqu’à employer une tren­taine de marion­net­tistes, dont François gère la forma­tion. « Jusque-là, je faisais de la marion­nette comme Jour­dan fait de la prose, mais j’ai alors pris conscience de l’uti­li­sa­tion des tech­niques de l’im­pro­vi­sa­tion, du mime… ».

Les clones et les clowns.

Pour parfaire ses person­nages, François suit avec atten­tion l’ac­tua­li­té. « Je me suis amusé à inven­ter les tics de Chirac. Ils me sont venus parce que je le voyais croi­ser et décroi­ser ses jambes dans ses inter­views, explique-t-il en mimant la célèbre marion­nette. On avait les modèles devant nous, dont on était les clones et les clowns. »

À partir du rachat de Canal+ par Vincent Bollo­ré en 2015, cet ancien de « l’es­prit Canal » a vu la perti­nence sati­rique des sketchs dimi­nuer et a commen­cé à se lasser. « Progres­si­ve­ment, on est presque devenu une bande-annonce des programmes de la chaîne, alors qu’on aimait être les vigies du monde audio­vi­suel », regrette le sexa­gé­naire, qui appré­ciait la liber­té donnée à son équipe. Dési­reux de quit­ter la capi­tale, le Pari­sien fait le choix de s’ins­tal­ler à Lyon en 2010.

Ami de Jean-Guy Mour­guet, François monte alors un spec­tacle joué durant deux saisons au musée-théâtre de Guignol, à Brin­das. Il a éga­le­ment mis en place une forma­tion à la marion­nette filmée au Pôle Pixel, arrê­tée en 2016 faute de finan­ce­ment de la Région. Déçu de ne plus pouvoir trans­mettre sa passion, François aime­rait trou­ver un espace adéquat à la Croix-Rousse. En atten­dant, l’an­cien régis­seur de théâtre n’a pas perdu son dyna­misme et se consacre à son retour sur les planches avec la pièce Black­bird.

Juliette Barot 

Bio express

67 ans. Origi­naire de Paris, François a été régis­seur de théâtre, puis comé­dien. Il rejoint le monde de la marion­nette télé­vi­suelle sur TF1 avant de parti­ci­per aux Guignols de l’Info, de 1988 à 2018. Instal­lé à la Croix-Rousse depuis dix ans, il a retrou­vé les planches.

Spots favo­ris
Le parc Fran­cis-Popy, 33 rue Henri-Gorjus, Lyon 4e.
Aux Gogniols, 8 rue de Nuits, Lyon 4e.

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