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Muni­ci­pales. Les écolo­gistes veulent plan­ter 1 000 arbres dans le 1er arron­dis­se­ment de Lyon

Végé­ta­li­sa­tion, piéton­ni­sa­tion, remonte-pente, « maire de nuit  »… Hier soir, les écolo­gistes ont présenté leurs projets pour les pentes de la Croix-Rousse et le nord de la Presqu’île. 

C’est, en termes de socio­lo­gie élec­to­rale, l’ar­ron­dis­se­ment le plus « gagnable  » pour les Verts. Central, dense et miné­ral, ce quar­tier emblé­ma­tique de Lyon, chapeauté depuis près de 20 ans par Natha­lie Perrin-Gilbert (lire ici), est ciblé comme un terri­toire de prédi­lec­tion pour les écolo­gistes qui comptent bien le rempor­ter en mars prochain.

C’est en tout cas l’am­bi­tion clai­re­ment affi­chée par la liste Main­te­nant Lyon pour tous, dont les membres se sont regrou­pés, hier soir, à l’étage de l’Équi­libres Café, à quelques pas de la place Satho­nay. Cette présen­ta­tion des colis­tiers et du programme, spécia­le­ment axée sur le 1er arron­dis­se­ment, s’or­ches­trait en présence de Grégory Doucet, candi­dat à la mairie centrale, et Fabien Bagnon, tête de liste dans la circons­crip­tion Lyon Centre (1er, 2e et 4e arron­dis­se­ments) aux élec­tions métro­po­li­taines. 

 

Société civile et dissi­dent

Menée par Sylvain Godi­not, candi­dat au poste de maire d’ar­ron­dis­se­ment (lire ici), l’équipe se compose prin­ci­pa­le­ment de person­na­li­tés de la société civile. On note, entre autres, la présence de Yasmine Bouagga (char­gée de recherches en socio­lo­gie), du réali­sa­teur Yves Beni­tah, de Nicole Smolski (méde­cin hospi­ta­lier retrai­tée) et, bien entendu, d’Émeline Baume actuelle conseillère d’op­po­si­tion dans l’ar­ron­dis­se­ment et conseillère muni­ci­pale et métro­po­li­taine.

Plus cocasse, on retrouve aussi l’In­sou­mis dissi­dent Yann Faure (lire ici), en troi­sième posi­tion sur la liste. Ce dernier candi­dat s’était d’abord investi au sein de Lyon en commun, mouve­ment lancé par Natha­lie Perrin-Gilbert en alliance avec la France insou­mise. Déçu par « la démarche person­nelle  » de NPG, cet habi­tant des Pentes qui se voyait bien candi­dat pour la mairie d’ar­ron­dis­se­ment s’est rappro­ché du rassem­ble­ment de gauche repré­senté par Renaud Payre (Manu­fac­ture de la cité) au niveau de la Métro­pole – il était même pres­senti pour être tête de liste de La Gauche unie dans la circons­crip­tion Lyon Centre – pour fina­le­ment figu­rer sur la liste des écolo­gistes avec qui il avait égale­ment tissé des liens. « Ce que je défen­dais déjà au cœur du programme de Natha­lie Perrin-Gilbert, c’était la dimen­sion écolo­gique et j’ai pour­suivi mon enga­ge­ment  », a-t-il expliqué.

 

 

« Enle­ver du bitume pour mettre de la nature » 

Au-delà de la présen­ta­tion des candi­dats, le rendez-vous visait surtout à dévoi­ler quelques propo­si­tions phare du programme pour le 1er.  Mesure choc : la plan­ta­tion de plus de 1 000 arbres dans l’ar­ron­dis­se­ment, en gagnant du terrain sur une partie de la voirie et des places de station­ne­ment. « On va devoir enle­ver du bitume pour mettre de la nature en ville  », précise Grégory Doucet.

Pour connaître l’em­pla­ce­ment de ces nouvelles zones végé­tales, il faudra patien­ter, l’équipe n’ayant pas encore connais­sance de toutes les données tech­niques des sols (réseaux de cana­li­sa­tion, etc.). 

Ce projet de plan­ta­tion est à mettre en paral­lèle des mesures métro­po­li­taines des écolo­gistes qui proposent une piéton­ni­sa­tion progres­sive du quar­tier avec un mixte de zones piétonnes et de zones de rencontre. « Nous voulons égale­ment une grande trans­for­ma­tion des quais du Rhône avec de larges trot­toirs ombra­gés et végé­ta­li­sés et une piste cyclable de 4 mètres de large  », précise Fabien Bagnon qui milite aussi pour une réor­ga­ni­sa­tion de la circu­la­tion du tunnel de la Croix-Rousse (deux fois une voie) au profit d’une voie dédiée au bus et au co-voitu­rage.

Souvent mise sur la table à la Croix-Rousse, la créa­tion d’un remonte-pente dans le tunnel de la rue terme pour relier les pentes au plateau figure aussi au programme des écolo­gistes. « Il pren­dra proba­ble­ment la forme d’un funi­cu­laire léger pour les piétons et les cyclistes  », complète la tête de liste dans la circons­crip­tion aux métro­po­li­taines. 

 

Un réfé­ren­dum pour le Lavoir Public ?

Sur les sujets de proxi­mité, l’équipe planche sur diffé­rents dispo­si­tifs, notam­ment pour lutter contre les nuisances sonores, une problé­ma­tique récur­rente dans ce secteur animé. « Parmi les élus d’ar­ron­dis­se­ment, une personne aura le rôle de “maire de nuit”, qui sera l’in­ter­lo­cu­teur des diffé­rents acteurs concer­nés (police muni­ci­pale, bars, etc.) pour favo­ri­ser le lien, souligne Sylvain Godi­not. Nous voulons égale­ment renfor­cer dans les rues la présence de média­teurs qui ont pour objec­tif de rappe­ler les règles  ».

Concer­nant l’ave­nir du Lavoir Public, dont l’ac­ti­vité doit prochai­ne­ment être repen­sée (lire ici), la liste ne ferme aucune porte. « Cet espace doit-il garder sa voca­tion cultu­relle ou doit-il répondre à une urgence sociale ?, s’in­ter­roge Émeline Baume. Dans notre programme, on propose aussi le recours au réfé­ren­dum et c’est, peut-être, le genre de ques­tion sur laquelle on peut saisir les habi­tants.  »

Autre sujet de taille dans les pentes : le deve­nir de l’an­cienne école des Beaux-arts (lire ici) a aussi été abordé. « Nous avons la volonté que le bâti­ment devienne un lieu central pour l’ar­ron­dis­se­ment, souligne Sylvain Godi­not. Plusieurs projets sont évoqués : loge­ment social,  héber­ge­ment d’ur­gence, accueil d’ac­ti­vi­tés cultu­relles et spor­tives, cantine soli­daire, etc. ». Mais pour ce dossier, rempor­ter l’ar­ron­dis­se­ment ne suffira pas puisque la déci­sion revien­dra au nouveau maire de Lyon.

 

Une confé­rence des maires

Ce focus sur Lyon 1er était aussi l’oc­ca­sion pour Grégory Doucet d’évoquer sa vision de la gouver­nance et du lien entre Hôtel de Ville et mairies d’ar­ron­dis­se­ment. « Ce qui m’im­porte, c’est de pouvoir exer­cer les respon­sa­bi­li­tés de manière bien diffé­rente de ce que la ville a connu jusqu’ici. Je souhaite que les mairies d’ar­ron­dis­se­ment aient bien plus de respon­sa­bi­li­tés et qu’elles ne se cantonnent pas simple­ment un rôle consul­ta­tif  », a-t-il expliqué se plaçant ainsi sur la même ligne que la majo­rité de ses concur­rents, au discours simi­laire. 

Pour le candi­dat EELV, cette décen­tra­li­sa­tion à la lyon­naise passe­rait notam­ment par un trans­fert de la respon­sa­bi­lité de déci­sion et de suivi de la mise en œuvre sur certains dossiers ainsi que la créa­tion d’une confé­rence des maires pour réunir l’en­semble des édiles et le chef de l’Hô­tel de Ville. « L’idée est de créer un espace de discus­sion pour favo­ri­ser les échanges de pratique et aler­ter la mairie centrale sur certains sujets  ».

Dernier enga­ge­ment : créer un conseil des enfants dans chaque arron­dis­se­ment. Pour l’ins­tant, seul le 1er en a un. 

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