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Lyon 1er. Les vœux d’adieu de Natha­lie Perrin-Gilbert

Place Satho­nay, jeudi soir. Pour ses derniers vœux à la tête du 1er arron­dis­se­ment, Natha­lie Perrin-Gilbert a donné rendez-vous aux habi­tants de son terri­toire à deux pas de la mairie. Après trois mandats, l’édile des Pentes désor­mais candi­date à l’Hô­tel de Ville (lire ici) s’ap­prête, en mars prochain, à tirer sa révé­rence dans cet arron­dis­se­ment emblé­ma­tique et central qui l’a vu évoluer. 

 

Exer­cice d’équi­li­briste

Sous le petit chapi­teau surchauffé, la maire du 1er ouvre le bal face au parterre d’ha­bi­tants, d’élus et de repré­sen­tants asso­cia­tifs. « Je suis venue à la Croix-Rousse vers l’âge de 25 ans et j’ai l’ha­bi­tude de dire que c’est ici que j’ai grandi, poli­tique­ment et humai­ne­ment  », intro­duit-elle. 

Juste devant la scène, on aperçoit d’un côté le camp de David Kimel­feld, regroupé autour du président de la Métro­pole et de l’autre celui de Gérard Collomb, repré­senté par Yann Cuche­rat. L’adjoint aux Sports a récem­ment été choisi par le maire de Lyon pour mener la campagne des élec­tions muni­ci­pales.  

Pour tout maire, la céré­mo­nie des vœux publics pré-élec­tions muni­ci­pales s’ap­pa­rente toujours à un exer­cice d’équi­li­briste. Le code élec­to­ral impose aux élus candi­dats une forme de rete­nue : ne pas vanter son bilan et ne pas détailler son programme. En bonne oratrice, Natha­lie Perrin-Gilbert est parve­nue, avec humour et esprit, à rele­ver le défi. 

 

Rimes avec 2020

« Au moment d’écrire mon discours de vœux et de me lancer devant ma page blanche, j’ai ouvert mon diction­naire de rimes, raconte-t-elle au pupitre, entou­rée de plusieurs élues du 1er : Laurence Boffet (Ensemble!), Isabelle Granjon (PCF) et les conseillères d’op­po­si­tion Myriam Fogel-Jedidi (LR) et Odile Belinga (collom­biste). On remarquera, comme pour le cru 2019, l’ab­sence des élus de la Manu­fac­ture de la Cité. Les anciens compa­gnons de route deve­nus enne­mis au prin­temps 2018 tout en restant dans la majo­rité de la maire (lire ici) observent la scène depuis le public. 

« Qu’est-ce qui rime avec 2020 ?, pour­suit NPG. Train, par exemple. Mais vite, je me suis dit que ce n’était pas une bonne idée car j’al­lais parler de train de vie et forcé­ment profi­ler la critique des inéga­li­tés sociales et terri­to­riales  qui s’ac­croissent dange­reu­se­ment dans notre pays comme dans notre métro­pole. […] J’ai aussi trou­ver le mot emprunt mais cela n’al­lait pas du tout car on pouvait penser que je faisais réfé­rence aux emprunts toxiques héri­tés du dépar­te­ment du Rhône à la créa­tion de la métro­pole en 2015. »

Une autre idée plus « posi­tive » ? Le mot « commun ». « Les biens communs, ces éléments essen­tiels comme l’eau, l’air, le sol mais aussi la culture, les services publics, ce patri­moine qui nous appar­tient et qu’il ne faut surtout pas céder aux inté­rêts privés  ». Certains verront aussi dans ce troi­sième terme un clin d’œil à son mouve­ment Lyon en commun, lancé avec La France insou­mise pour rempor­ter l’Hô­tel de Ville. Malin. 

 

Cuche­rat, lisse et timide

Son petit jeu linguis­tique terminé, la maire salue longue­ment les citoyens (autre rime de 2020) du 1er pour rendre hommage à leur mobi­li­sa­tion. Elle cite la lutte contre ferme­ture des bains-douches et de l’école Lévis Strauss, contre la vente du bâti­ment de l’an­cienne école des Beaux-Arts, de la parcelle rue du Bon-Pasteur, du collège Truf­faut, de la salle Rameau ou encore des Halles de la Marti­nière. « Des combats ont été perdus d’autres gagnés et d’autres sont en passe d’être rempor­tés  », conclut-elle.

Au tour de Yann Cuche­rat de prendre la parole. De ses quelques minutes au micro, on retien­dra surtout un certain malaise. Plus lisse et réservé, l’adjoint de Collomb parvient diffi­ci­le­ment à capter l’at­ten­tion de l’as­sem­blée qui se dissipe.

« Ils viennent de perdre les trois quart des personnes  », raille un habi­tant tandis que l’an­cien gymnaste célèbre l’iden­tité du quar­tier et sa soli­da­rité. « Ce n’est pas facile de lire un texte  », enfonce un autre. Le passage d’un membre du clan Collomb sur les terres de Perrin-Gilbert n’est presque jamais chose aisée…

 

« On est devenu pire que ses enne­mis »

Fausse note de la soirée pour NPG : à aucun moment elle n’évoque les Manu­fac­tu­riers bien qu’elle remer­cie l’en­semble de l’équipe, oppo­si­tion comprise. Pour elle, ses anciens colis­tiers n’existent plus. « On est devenu pire que ses enne­mis  », souffle l’un d’eux alors qu’un autre semble soulagé « de ne pas être asso­cié à son bilan  » même si plusieurs Manu­fac­tu­riers reven­diquent certaines réali­sa­tions. 

À l’ex­té­rieur de la grande tente, la soirée se pour­suit autour du buffet. Des habi­tants s’amassent près de la maire et attendent leur tour pour la saluer et lui toucher quelques mots. Preuve que, malgré une fin de mandat houleuse, Natha­lie Perrin-Gilbert captive toujours dans les Pentes.

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