Mon quartier au quotidien


Célina Schaaf, l’ar­chi­tecte éthique

À la Croix-Rousse, Célina Schaaf a créé UCO une agence d’ar­chi­tec­ture d’in­té­rieurs respon­sables.

Son nom et son visage vous sont certai­ne­ment incon­nus, mais il est fort probable que vous ayez déjà vu l’une de ses réa­li­sa­tions. Basée à la Croix-Rousse, la jeune archi­tecte d’in­té­rieur Célina Schaaf a déjà marqué le quar­tier de son empreinte. C’est elle qui a pensé l’amé­na­ge­ment du Gaïa, le coffee-house éco­res­pon­sable inau­gu­ré cette année rue de Nuits (lire ici). C’est aussi elle qui s’ap­prête à mode­ler l’é­pi­ce­rie de vente en vrac Maison Cour­gette qui doit ouvrir début 2020 dans la Grande rue de la Croix-Rousse (lire ici).

Son ambi­tion : allier design et respect de l’en­vi­ron­ne­ment. Tout est parti d’un déclic, d’une prise de conscience person­nelle qu’elle a élar­gie et appliquée à sa profes­sion, explique-t-elle. «  Mon but était de créer une agence d’ar­chi­tec­ture plus respec­tueuse, basée sur des valeurs éco­lo­giques et une certaine éthique. »

Imagi­ner de nouveaux usages.

Qu’elle travaille pour des parti­cu­liers ou des commerçants, Célina repense ainsi les inté­rieurs de la façon les plus natu­relle possible en mettant à la porte matières déri­vées de la pétro- chimie et pein­tures toxiques. Autre règle d’or : réu­ti­li­ser un maxi­mum d’équi­pe­ments et de mobi­lier pour lutter contre la surcon­som­ma­tion. Elle a, par exemple, créé une forme de cloi­son à partir de deux portes vitrées des années 1970 récu­pé­rées sur un chan­tier. « Énor­mé­ment d’é­lé­ments peuvent être trans­for­més et adap­tés pour un nouvel usage. Il y a parfois même des maté­riaux neufs qui sont aban­don­nés simple­ment parce qu’il y a une erreur de cota­tion. »

Auda­cieuse, la démarche reste pour les clients un choix enga­gé et prend souvent beau­coup plus de temps qu’un chan­tier clas­sique. « Les gérantes du Gaïa ont mis plusieurs semaines avant de déni­cher leur mobi­lier, entiè­re­ment compo­sé d’é­lé­ments de récu­pé­ra­tion. En passant une commande sur Inter­net, cela aurait pu prendre quelques minutes », conçoit celle qui a égale- ment parti­ci­pé à l’amé­na­ge­ment de la concier­ge­rie parti­ci­pa­tive de Réci­pro-Cité à Confluence.

En plus de son approche envi­ron­ne­men­tale, Célina veut aussi cham­bou­ler les codes du secteur du bâti­ment en fémi­ni­sant les chan­tiers. « Mon objec­tif n’est pas forcé­ment de compo­ser une équipe 100 % fémi­nine mais d’avoir une certaine pari­té avec des femmes qui font de la démo­li­tion ou qui sont plaquistes. Et il y a encore du travail, ce n’est pas acquis. » En 2020, l’ar­chi­tecte promet­teuse va s’at­taquer à plusieurs projets dont un café asso­cia­tif croix-rous­sien pour les seniors qui devrait voir le jour rue de Cuire.

 

Bio express

26 ans. Diplô­mée en 2017 de l’É­sail (École supé­rieure d’ar­chi­tec­ture inté­rieure de Lyon) – Jean Cottin (Lyon 9e). Après avoir travaillé en free­lance, elle crée son agence UCO dont les bureaux sont logés au sein du cowor­king Le Tissoir, rue d’Ivry (Lyon 4e).

Son site

uco.eco

Son spot

L’es­pla­nade du Gros Caillou pour la vue sur Lyon.

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