Mon quartier au quotidien


EXCLUSIF. Alexandre Cheva­lier candi­dat à la mairie du 4e arron­dis­se­ment

Le camp Lyon en commun porté par Natha­lie Perrin-Gilbert, candi­date à la mairie centrale (lire ici), a choisi sa tête de liste pour la Croix-Rousse. C’est Alexandre Cheva­lier (photo), fidèle soutien de la maire du 1er, qui va tenter de décro­cher le 4e, un arron­dis­se­ment stra­té­gique pour le mouve­ment co-fondé avec La France insou­mise  (lire ici) et rejoint depuis par d’autres partis de gauche comme Ensemble !. 

 

Santé et social

Âgé de 45 ans, ce père de trois enfants réside sur le Plateau depuis quatre décen­nies. Refu­sant de porter les armes, Alexandre Cheva­lier a fait son « objec­tion de conscience » au centre social de la Croix-Rousse. Il y sera fina­le­ment embau­ché avant de deve­nir éduca­teur spécia­lisé à Décines puis de rejoindre l’ALS (Asso­cia­tion de lutte contre le sida) où il travaille toujours aujourd’­hui en tant que coor­di­na­teur des actions de préven­tion (il inter­vient notam­ment au Centre de santé sexuelle en bas des pentes de la Croix-Rousse). Formé en sexo­lo­gie, il a ouvert un cabi­net en libé­ral puis a déve­loppé un diplôme univer­si­taire en conseil et éduca­tion à la sexua­lité à Lyon 1.

« Dans ma carrière, j’ai toujours été bloqué à un moment ou un autre face au monde poli­tique. On fait des actions de terrain, on accom­pagne des personnes souvent dans une situa­tion de préca­rité et puis très vite arrive le mur des choix et des orien­ta­tions poli­tiques. J’en ai eu marre donc je me suis impliqué  », explique-t-il. Fuyant les grands partis et « les logiques d’ap­pa­reil  », il rejoint le Gram en 2012, mouve­ment co-fondé par NPG qu’il prési­dera un an au moment de sa scis­sion (lire ici).

 

Aline Guitard, ancienne colis­tière deve­nue concur­rente

Alexandre Cheva­lier, n’en est à sa première campagne puisqu’il était présent en 2014 sur la liste conduite par Aline Guitard (PCF) dans le 4e. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et le paysage poli­tique croix-rous­sien a bien évolué. Aline Guitard sera, en effet, la tête de liste du rassem­ble­ment de gauche (PS, PCF, Géné­ra­tion·s, Manu­fac­ture de la Cité, Géné­ra­tion·s, Nouvelle donne et Place publique, lire ici)  et donc, concur­rente d’Alexandre Cheva­lier. 

« Éton­nam­ment, je suis assez content de la situa­tion car je ne voulais surtout pas tomber dans un agglo­mé­rat de partis comme ils le proposent (lire ici). Nous avons une marge assez impor­tante sur la compo­si­tion des listes sachant que mon souhait est de pouvoir former une liste citoyenne avec envi­ron 80 % de personnes issues de la société civile et 100 % de personnes qui n’ont jamais eu de mandat  », souligne le candi­dat qui promet des acteurs inscrits dans la vie asso­cia­tive croix-rous­sienne (culture, sport, écolo­gie, etc.), sans dévoi­ler de noms pour l’ins­tant.

 

Favo­ri­ser les initia­tives citoyennes

Celui qui a vu le quar­tier évoluer ambi­tionne d’œu­vrer en faveur de la mixité sociale qu’il a vu s’en­vo­ler au fil des années. « La Croix-Rousse a toujours été une terre d’ac­cueil, huma­niste, soucieuse aussi de cette mixité. C’est ce que j’ai envie d’in­car­ner  », lance-t-il. 

Cons­cient des pouvoirs limi­tés des arron­dis­se­ments, le candi­dat souhaite favo­ri­ser les initia­tives citoyennes, notam­ment en matière d’éco­lo­gie, de soli­da­rité ou de commerces de proxi­mité, encou­ra­geant, par exemple, la créa­tion de coopé­ra­tives d’achat comme  le super­mar­ché parti­ci­pa­tif Demain ouvert récem­ment dans le 7e (lire ici). Car Alexandre Cheva­lier veut le croire : l’es­prit rebelle et mili­tant de la Croix-Rousse est toujours vivant. « Dans quel autre arron­dis­se­ment de Lyon pour­rions-nous tenir un squat de 450 personnes grâce une grande soli­da­rité des citoyens enga­gés et des béné­voles ?  », inter­roge t-il en réfé­rence à l’ex-collège Maurice-Scève (lire ici).

 

« L’éco­lo­gie ne s’im­pose pas »

Sans surprise, l’éco­lo­gie sera un axe majeur du programme Lyon en commun. « Je pars du prin­cipe que l’éco­lo­gie ne s’im­pose pas, on ne va pas chan­ger le compor­te­ment des gens du jour au lende­main  », estime le candi­dat qui « déteste l’éco­lo­gie culpa­bi­li­sa­trice ». « Il faut d’abord que la collec­ti­vité soit exem­plaire, ce qui est loin d’être le cas lorsque l’on regarde les bâti­ments publics qui sont souvent des passoires éner­gé­tiques  ». Selon Alexandre Cheva­lier, l’en­semble du plan de dépla­ce­ment urbain de la Croix-Rousse est à repen­ser, pistes cyclables comprises, pour favo­ri­ser les modes de trans­port doux. 

Autres idées : piéton­ni­ser une partie du quar­tier – le sujet fait déjà débat (lire ici) – et repen­ser la fréquence du métro de la ligne C. Une dernière propo­si­tion qui dépasse de loin les compé­tences de l’ar­ron­dis­se­ment « mais que l’on peut impul­ser  », assure-t-il.

 

Opéra­tions buzz

La campagne s’an­nonce parti­cu­liè­re­ment complexe à la Croix-Rousse, terri­toire de prédi­lec­tion pour de nombreux mouve­ments poli­tiques (lire ici). Les Verts repré­sen­tés par Rémi Zinck (lire ici) comptent aussi marquer des points sur la colline aux habi­tants répu­tés « bobos écolos ». L’équipe sortante menée par David Kimel­feld va égale­ment mettre tout en œuvre pour garder la mairie, sous l’étiquette de Georges Képé­né­kian (lire ici). Enfin, en début d’an­née, le candi­dat soutenu par La Répu­blique en Marche – pour l’heure inconnu – devrait aussi faire son entrée sur l’échiquier. Le champ des possibles reste ouvert.

Alexandre Cheva­lier lancera offi­ciel­le­ment sa campagne après la trêve de fin d’an­née avec quelques « opéra­tions buzz » dont il garde le secret. L’en­semble des listes de Lyon en commun doit être présenté le 14 janvier. 

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