Mon quartier au quotidien


Le facteur d’ins­tru­ments rares et anciens

Après avoir créé son propre modèle de cor des Alpes, l’é­bé­niste et musi­cien Sandro Faïta vient de se lancer un nouveau défi en remet­tant au goût du jour des instru­ments tombés dans l’ou­bli.

Grave et solen­nelle, la musique s’é­lève dans l’en­tre­pôt. Au milieu des outils et des planches d’é­pi­céa qui meublent son atelier Réso­nance Bois de la rue Ville­neuve (Lyon4e), Sandro Faïta souffle quelques notes dans un cor des Alpes long de 3,60 mètres. « C’est un instru­ment très ancien, explique l’ar­ti­san avec passion. Les premiers écrits à son sujet remontent au XVIIe siècle et, déjà, il était décrit comme ances­tral. Aujourd’­hui, il est commu­né­ment asso­cié au folk­lore suisse mais histo­rique­ment, ce n’est pas le cas. Le cor des Alpes était l’ins­tru­ment que les bergers empor­taient en alpage pour livrer des messages, un peu comme on utili­se­rait un télé­phone portable aujourd’­hui. »

De musi­cien à ébéniste.

Sandro Faïta n’est pas un ébé­niste comme les autres. Après un joli parcours en tant que musi­cien profes­sion­nel d’or­chestre, le corniste a succom­bé à l’ap­pel du renou­veau il y a dix ans en s’orien­tant vers le travail du bois. « J’avais besoin de fabriquer avec mes mains. Pour moi, c’est aussi une forme d’art  », assure celui dont le grand-père était sculp­teur. S’il s’at­tèle à la restau­ra­tion et à la confec­tion de meubles, Sandro Faïta ne perd jamais de vue son rêve : créer des instru­ments à vent.

Après des années de recherche et d’es­sai, il met au point son propre modèle de cor des Alpes qu’il commer­cia­lise en 2015. « Nous en avons aujourd’­hui vendu près de 120 », se réjouit-il. L’é­bé­niste et musi­cien ne compte pas s’ar­rê­ter en si bon chemin puisqu’il a déci­dé de faire de cette acti­vi­té sa spé­cia­li­té en élar­gis­sant sa gamme de produc­tion aux cornets à bouquin et aux serpents. «  Ces deux instru­ments ont une grande impor­tance histo­rique en Europe car ils sont respec­ti­ve­ment l’an­cêtre de la trom­pette et du trom­bone ». Pour mener à bien son projet, le facteur a lancé une campagne de finan­ce­ment parti­ci­pa­tif (Kiss Kiss Bank Bank) notam­ment pour s’équi­per d’une nouvelle machine numé­rique. « L’objec­tif est d’être en mesure de conce­voir les proto­types des nouveaux instru­ments au premier semestre 2020 ». D’ici là, les didje­ri­doos, instru­ments abori­gènes, devraient être prêts en janvier.

R.D.

Bio express

46 ans. Musi­cien lauréat du Conser­va­toire natio­nal supé­rieur de musique de Lyon (1991), Sandro Faïta a reçu plusieurs prix inter­na­tio­naux (Alle­magne, Japon, Italie, etc.). Il a travaillé pour l’or­chestre de la radio­té­lé­vi­sion suisse italienne et celui des Pays de Savoie. Ébé­niste depuis 2009, il a été rejoint il y a cinq ans par Cyprien de Breu­vand, diplô­mé des métiers d’art.

Spot favori

Parti­san boulan­ger, 2 rue du Chariot-d’Or (Lyon 4e).

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