Mon quartier au quotidien


La farine éco­res­pon­sable de Lola Bonnin

Avec sa jeune entre­prise Malti­vor, la Croix-Rous­sienne Lola Bonnin reva­lo­rise la drêche, résidu du malt issu de la fabri­ca­tion de bière. Son objec­tif ? Commer­cia­li­ser une farine nouvelle géné­ra­tion.

A priori, rien ne pré­des­ti­nait Lola Bonnin à s’orien­ter dans l’uni­vers de la bière si ce n’est, peut-être, cette année passée en Irlande pendant ses études. Après un début de carrière dans le domaine de la finance, cette jeune femme inspi­rante a pour­tant déci­dé de chan­ger de voie pour lancer son entre­prise Malti­vor. Le slogan de la start-up prête à sourire : « Mange ta bière ».

La réa­li­té est un peu plus complexe. « Je voulais créer un projet d’é­co­no­­mie circu­laire et j’ai compris qu’il y avait une vraie problé­ma­tique autour de la fabri­ca­tion de la bière puisque, au final, 90 % de la céréale est reje­tée après le bras­sage », explique-t-elle. Son idée se révèle aussi surpre­nante qu’in­gé­nieuse : récu­pé­rer ce résidu habi­tuel­le­ment aban­don­né ou utili­sé pour l’ali­men­ta­tion animale en zone rurale pour le trans­for­mer en farine après séchage et mouture.

Muffins et cookies.

L’enjeu est de taille en ville où les bras­se­ries se sont déve­lop­pées au cours de la dernière décen­nie. « D’au­tant plus que désor­mais, les fabri­cants paient une taxe sur le rejet de drêche qui, à terme, peut être nocive pour l’en­vi­ron­­ne­ment », complète l’en­tre­pre­neuse. Mais ce n’est pas tout. Trans­for­mé en farine, ce « déchet » pré­sente un réel inté­rêt nutri­tion­nel avec un apport impor­tant en protéines, fibres et fer.

Après une phase de test au sein de la bras­se­rie du Platy­pus à Vénis­sieux, Malti­vor, qui est déjà asso­cié à plusieurs fabri­cants de bière dont la Bras­se­rie Georges, vient d’in­té­grer un nouvel entre­pôt à Brignais. Prochaine étape : commer­cia­li­ser ce produit qui peut rempla­cer la farine tradi­tion­nelle à hauteur de 30 % auprès des boulan­gers avant de s’orien­ter vers les parti­cu­liers. « L’idée est aussi de pro­ poser des recettes en ligne ainsi que plusieurs produits finis (cookies, muf­­fins, pâtes).

En fonc­tion du type de bière (blonde, brune, etc.), la farine aura des notes gusta­tives diffé­rentes. On a même réussi à faire des muffins qui avaient natu­rel­le­ment le goût de choco­lat ! » Cette farine « éco­res­pon­sable » devrait être vendue envi­ron cinq euros le kilo.

R.D.

Bio express

29 ans. Origi­naire de Roanne, Lola Bonnin a d’abord travaillé comme audit finan­cier avant de créer Malti­vor en 2018. Elle déve­loppe aujourd’­hui son entre­prise avec une ingé­nieure agro­nome.

Spot favori

La place Satho­nay, Lyon 1er.

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