Mon quartier au quotidien


L’au­mô­nier des forains 

La Vogue des Marrons ne se résume pas qu’aux chur­ros et aux tours de chenille. Toute une vie s’or­ga­nise autour de ces six semaines de fête dont certains aspects restent encore peu connus des habi­tants du quar­tier. Parmi eux : la vie spiri­tuelle des forains. Depuis trois ans, le Diocèse de Lyon a nommé un aumô­nier spécia­le­ment dédié à cette commu­nauté itiné­rante. Et c’est le Croix-Rous­sien Chris­tophe Beau­var­let de Mois­mont qui s’oc­cupe béné­vo­le­ment de cette tâche. « Tout vient d’une demande, raconte ce père de famille direc­teur d’école publique à la retraite. Il y a trois ans, quatre foraines sont allées rencon­trer les respon­sables du Diocèse de Lyon en leur disant : “Vous nous avez oubliées !”. Elles voulaient quelqu’un pour les accom­pa­gner dans leur vie spiri­tuelle. Les prêtres étant tous occu­pés, l’une des foraines a proposé que je vienne car elle m’avait vu offi­cier en tant que diacre à la Croix-Rousse. »

L’ac­tion de l’homme d’église repose sur les demandes bien précises des foraines — l’au­mô­ne­rie attire prin­ci­pa­le­ment les femmes — comme l’éveil à la foi des enfants ou, plus surpre­nant, la forma­tion à la célé­bra­tion des funé­railles. « C’est tout à fait possible pour un laïc ! Parfois, des forains meurent dans des condi­tions drama­tiques et sont enter­rés sans qu’un mot ne soit prononcé. » 

 

Terrains inat­ten­dus.

Moment phrase de son action, la messe de la Vogue des marrons se tenait ce lundi sur un manège d’auto-tampon­neuse. Un rendez-vous haute­ment symbo­lique présidé par un évêque, Mgr Le Gal. « Il faut hono­rer les forains. Ils se sentent “de nulle part” », souligne l’au­mô­nier. La fonc­tion l’en­traine parfois sur des terrains inat­ten­dus comme l’an­née dernière lorsqu’on lui a demandé de gérer le vote et le « couron­ne­ment » de la « reine » des forains.

Une tradi­tion un peu à part, qui aide aussi le Croix-Rous­sien à se faire adop­ter par la commu­nauté. « Beau­coup se confient sur leur joie, leur misère et leur vie conju­gale parfois compliquée ». Des forains font désor­mais appel à lui dans toute la région. « L’un de mes objec­tifs est désor­mais de trou­ver des corres­pon­dants un peu partout dans la région ».

Romain Desgrand

 

En photo : Insti­tu­teur pour enfants malades à la retraite, Chris­tophe Beau­var­let de Mois­mont est devenu l’au­mô­nier des forains de Lyon il y a trois ans.

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