Mon quartier au quotidien


Les secrets du jardin Rosa Mir

Lové dans une cour inté­rieure de la Grande rue de la Croix-Rousse, l’in­time jardin Rosa Mir s’ouvre chaque été aux visi­teurs. Si le lieu, proba­ble­ment l’un des plus « insta­gra­mables » du quar­tier, est bien connu des habi­tants de la colline, son histoire l’est beau­coup moins. 

Derrière cet ouvrage cocasse se cache un homme : Jules Senis. Maçon-carre­leur réfu­gié de la guerre d’Es­pagne, l’ar­ti­san né en 1913 a posé ses bagages à la Croix-Rousse au début des années cinquante avec sa famille. Sur le Plateau, il décide de créer sa petite entre­prise de carre­lage. Mais peu de temps plus tard, une grave nouvelle vient frap­per les Senis : Jules est atteint d’un cancer de la gorge.

Après plusieurs années d’hos­pi­ta­li­sa­tion, sa rémis­sion survient fortui­te­ment. II fait alors un vœu : créer un jardin fantas­tique dans le terrain situé à l’ar­rière de sa propriété. En 1957, il commence à façon­ner son écrin végé­tal et miné­ral dans la cour de 400 m2. Son objec­tif ? Conce­voir un endroit paisible où l’on pour­rait admi­rer la beauté enivrante de l’as­so­cia­tion entre les fleurs et le carre­lage.

« Exutoire artis­tique »

« Jules Senis n’avait que deux amours dans sa vie : sa mère, Rosa Mir Merca­der et la Vierge Marie », raconte la gardienne du jardin qui décrit l’en­droit comme étant « l’exu­toire artis­tique d’une victime du cancer ». Le créa­teur nomma d’ailleurs son œuvre en réfé­rence à la Rose mystique, symbole de la Vierge Marie dont une statue est érigée dans une niche du jardin, et au prénom de sa mère.

Les compo­si­tions archi­tec­tu­rales d’où jaillissent la végé­ta­tion (joubarbes, vivaces, plantes médi­ter­ra­néennes, etc.) rappellent parfois le talent d’ar­tistes espa­gnoles tels qu’An­toni Gaudí (Sagrada Fami­lia, parc Güell, etc) et le Facteur Cheval avec son célèbre palais achevé en 1912 dans la Drôme.

L’his­toire raconte que les diffé­rents coquillages qui ornent les murs et les colonnes proviennent des restau­rants des Halles de Lyon qui avaient conclu un arran­ge­ment avec Jules Senis. Au total, l’ar­ti­san espa­gnol passa la fin de sa vie, soit plus de 25 ans, à la réali­sa­tion de son îlot de fantai­sie. Créé en 1983, année de sa mort, l’As­so­cia­tion des Amis du jardin Rosa Mir oeuvre encore aujourd’­hui à la préser­va­tion de l’âme de ce lieu caché. 

HC et RD

87 grande rue de la Croix-Rousse, Lyon 4e

 

Des visites guidées en août

Aujourd’­hui propriété de la Ville de Lyon, le jardin Rosa Mir est ouvert chaque samedi de 14h à 18h jusqu’au 26 octobre (visite libre avec une jauge maxi­male de 15 personnes à la fois). Des visites guidées (6 euros) sont égale­ment propo­sées durant la belle saison comme les 23 et 27 août à 10h. Réser­va­tion : nature.lyon.fr

En photo : Surnommé « Mon petit caillou » par son créa­teur, en réfé­rence au Gros caillou de la Croix-Rousse, le jardin Rosa Mir est composé à 60% de pierres, 20% de coquillages et 20% de fleurs.

Crédit photo : Ville de Lyon

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