Mon quartier au quotidien


Mais que sont donc les tables clau­diennes ?

Nom de rue pour le moins origi­nal. Une autre réfé­rence à la gastro­no­mie lyon­naise ? Eh bien non. N’en déplaise au restau­rant éponyme installé dans la rue des pentes de la Croix-Rousse, ce patro­nyme tient ses racines de l’his­toire gallo-romaine de Lugdu­num et non de l’art du coup de four­chette lyon­nais. 

Il faut donc se replon­ger en l’an 48, quand l’em­pe­reur natif de la capi­tale des Gaules, Claude (Clau­dius pour les intimes) prononce un long discours, dont les Romains avait la manière, dans le but de faire des notables Gaulois des magis­trats siégeant au Sénat romain. L’in­té­gra­lité de ses paroles sont alors retrans­crites sur une gigan­tesque table de bronze d’en­vi­ron 2,5 mètres de hauteur. Vous l’au­rez compris, il s’agit de la fameuse table clau­dienne.

Il faut attendre 1528, pour que des fouilles sur les Pentes mettent au jour ce monstre de bronze. Mais malheu­reu­se­ment le temps est passé par là et la table est brisée en trois. Deux frag­ments sont récu­pé­rés et assem­blés mais la partie supé­rieure n’a jamais été retrou­vée et doit toujours être enter­rée quelque part dans les profon­deurs lyon­naises. Curieux, curieuses, à vos pioches ! 

 

Un plai­doyer au sens fort

La décou­verte de cette table à deux pas de l’am­phi­théâtre des trois Gaules, dans l’an­cien sanc­tuaire confé­dé­ral des trois Gaules est histo­rique­ment pleine de sens. « Le sanc­tuaire était un haut lieu déci­sion­nel où se réunis­saient les digni­taires de tous les peuples gaulois » précise Claire Iselin, la direc­trice du musée Lugdu­num où est conser­vée la pièce de bronze.

La table étant été retrou­vée en ces lieux, cela signi­fie­rait qu’elle y était expo­sée et que donc la volonté énon­cée par Claude fut réali­sée. D’au­tant plus que les écrits de l’his­to­rien du premier siècle nommé Tacite, indiquent que les repré­sen­tants Gaulois du peuple Éduens (actuelle Bour­gogne) ont inté­gré par la suite le Sénat romain.

Au-delà d’être physique­ment impres­sion­nante cette pièce d’his­toire a aussi une très lourde portée puisque Claude effec­tue dans son discours un profond plai­doyer pour défendre les peuples des Gaules en rappe­lant le rôle de ces derniers dans la construc­tion de l’em­pire romain et donc leur impor­tance.

Lionel Bros­sard

 

La ou les table(s) clau­dienne(s) ?

Dilemme ortho­gra­phique de taille. Côté rue, ce sont bien LES tables clau­diennes. Mais en réalité, nous devrions dire LA table clau­dienne car l’objet qui a donné son nom à la rue était d’un seul tenant a sa créa­tion et s’est sépa­rée en trois par la suite.

En photo : Le cuivre contenu dans le bronze, en s’oxy­dant, a assom­bri la table que l’on peut voir aujourd’­hui mais elle brillait de milles feux dans ses jeunes années

Crédit photo : ©Philippe_Somno­let – Lugdu­num 

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