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Deux mois de plus pour les occu­pants du squat Maurice-Scève

« Nous avons été écou­tés. Le juge a pris le temps. Le tribu­nal rendra sa déci­sion le 24 septembre prochain. » Accueillie sous les applau­dis­se­ments, Marie Noëlle Fréry, avocate des occu­pants de l’an­cien collège Maurice-Scève (Lyon 4e), est satis­faite. Après un premier recours, elle demande désor­mais dix-huit mois de répit pour relo­ger les habi­tants du squat de la Croix-Rousse.

Bien­tôt un projet immo­bi­lier à la place du squat

Depuis septembre 2018, entre 250 et 300 migrants vivent dans les locaux, vides depuis cinq ans, de l’éta­blis­se­ment scolaire appar­te­nant à la Métro­pole (lire ici). Tous seraient en cours de demande d’asile. « Nous deman­dons simple­ment à ce qu’ils passent de la procé­dure de “dubli­nés” (procé­dure euro­péenne de demande d’asile, ndlr) à la procé­dure normale. » explique Me Fréry, qui les exhorte à conti­nuer leurs demandes.

La Métro­­pole de Lyon  a offi­­ciel­­le­­ment assi­­gné les rési­­dents en justice pour une expul­­sion. En cause : une promesse de vente par Vinci, à hauteur de 12 millions d’eu­ros, dont l’im­meuble a fait l’objet. Une promesse qui tient jusqu’au 31 décembre 2020 : « Il n’y a donc pas d’ur­gence », d’après l’avo­cate.

« Ça nous fait douce­ment rigo­ler… »

Celle-ci se plaint égale­ment du manque de réponses de la part de la Métro­pole. « Ils parlent de loge­ments sociaux avec Vinci, ça nous fait douce­ment rigo­ler… », grince-t-elle. Le collec­tif de soutien et Marie-Noëlle Fréry demandent égale­ment à ce que la collec­ti­vité tienne ses promesses, c’est-à-dire de relo­ger ces personnes (la Métro­pole est compé­tente en matière de mineurs isolés).

« Il faut arrê­­ter de cari­­ca­­tu­­rer »

 « Depuis le début, on explique qu’il va falloir quit­­ter les lieux car un programme immo­­bi­­lier est en prépa­­ra­­tion (93 appar­­te­­ments dont 28 loge­­ments sociaux, équi­­pe­­ment public… NDLR.) », nous expliquait début juillet un proche colla­­bo­­ra­­teur de David Kimel­­feld, président de la Métro­pole (lire ici). « Il faut arrê­­ter de cari­­ca­­tu­­rer : on n’ex­­pulse pas des migrants pour construire des appar­­te­­ments pour les riches. Le quar­­tier a besoin de ses loge­­ments ! Il est indis­­pen­­sable que le site soit libéré à la rentrée pour assu­­rer la livrai­­son du projet à temps ».

Inéluc­table, l’ex­pul­sion n’est donc plus qu’une ques­tion de temps.

Nelly Pailleux et Romain Desgrand

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