Mon quartier au quotidien


Gaël Ballard, le facteur d’ac­cor­déons

Sur la montée des Carmé­lites, le Croix-Rous­sien Gaël Ballard a ouvert un atelier où il restaure accor­déons et concer­ti­nas. Rencontre.

Chaque instru­ment disposé autour de lui raconte une histoire. Dans son atelier au plafond à la française,  où le temps semble suspendu, Gaël Ballard parle d’ailleurs d’eux comme d’êtres humains.

Celui-ci est un monsieur qui fait de la musique portu­gaise. Celui-là, une jeune fille qui reprend l’ac­cor­déon de son arrière-grand-père. Et en voilà un autre, plus chic, joueur de musique clas­sique. Tous passe­ront entre ses mains pour être restau­rés, ajus­tés, accor­dés.

Gaël est facteur d’ac­cor­déons. Après « plusieurs vies » (assis­tant mana­ger, passage dans une maison d’édi­tion anglaise, etc.), il a ouvert il y a quelques mois son propre atelier La Boite Anchan­tée dans sa Croix-Rousse natale. « Le lieu n’a, en effet, pas été choisi au hasard : je suis Croix-Rous­sien, mes parents aussi. Une partie de ma famille syrienne est venue ici pour le commerce de la soie au début du siècle dernier », raconte ce jeune quadra au verbe géné­reux.

Complexes, riches et compo­sés de milliers de pièces, les accor­déons lui donnent souvent du fil à retordre. « Chaque instru­ment est un mystère et comporte une succes­sion d’énigmes à résoudre : il faut trou­ver les fuites d’air, les raisons d’une fausse note… ».

Renou­veau.

C’est en travaillant quelques années plus tôt dans une boutique fami­liale d’ac­cor­déons et de concer­ti­nas du quar­tier qu’il se passionne pour cet instru­ment, alors qu’il jouait plutôt de la clari­nette et du saxo­phone.

« J’ai décou­vert toute sa richesse. L’ac­cor­déon a quelque chose de parti­cu­lier : il peut toucher toutes les géné­ra­tions, toutes les cultures et toutes les classes sociales. » Inter­pellé par cette diver­sité, l’en­fant du pays tend l’oreille et remarque que même certaines chan­sons du rappeur améri­cain Tupac comportent des sons d’ac­cor­déon, bien loin de l’image du bal musette.

« À première vue, on pour­rait penser que c’est un instru­ment ringard. Mais il y aujourd’­hui un renou­veau. On redé­couvre ses sono­ri­tés et son inté­rêt : il s’adapte à peu près à tous les univers. »

Et pour ceux qui seraient tentés de se lancer, La Boite Anchan­tée propose régu­liè­re­ment des cours avec l’ac­cor­déo­niste Sophie Bazy. Vous pour­rez ensuite louer votre premier instru­ment (à partir de 20 euros par mois) . « C’est impor­tant pour moi de préser­ver cette tradi­tion popu­laire et d’ame­ner les gens à la musique. »

Romain Desgrand

 

Bio Express

40 ans. Gaël Ballard est né à la Croix-Rousse. Récem­ment formé à l’Itemm (Insti­tut tech­no­lo­gique euro­péen des métiers de la musique) au Mans, il a ouvert son atelier La Boite Anchan­tée fin 2018 au 7 montée des Carmé­lites (Lyon 1er).

Spot favori

En ce moment, l’es­ca­lier qui permet de relier la rue de l’Alma et le rue du Bon-Pasteur

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