Mon quartier au quotidien


Haut des Pentes : la construc­tion qui passe mal

 

La rumeur cour­rait depuis quelques temps déjà. Les habi­tants du haut des Pentes en ont main­te­nant la confir­ma­tion. Une nouvelle construc­tion va bien­tôt émer­ger sur le terrain privé situé à l’angle des rues Dide­rot, Pouteau et Lemot. Le permis de construire déposé en mai par le promo­teur Bouygues Immo­bi­lier affiche trente loge­ments, des bureaux et de 41 aires de station­ne­ment.

Échauf­fés, une quin­zaine d’ha­bi­tants s’ac­tivent pour tenter de bloquer le projet qui va démo­lir les garages côté rue Lemot sur lesquels se trouvent une fresque de street art et la maison de ville située en contre-bas rue Dide­rot. A la place, le nouvel ensemble culmi­nera jusquà plus de 20m sur certains côtés.

« Au-delà de la perte de la vue et de la lumi­no­sité, on déna­ture presque la rue, regrette Michaël, un rive­rain.  On va se retrou­ver avec un gros “block­haus” qui n’a rien à voir avec le style des Pentes. Je n’en fait pas une affaire person­nelle, je pense que l’on est tous concer­nés parce qu’on veut préser­ver une certaine idée de la Croix-Rousse. Oui, il faut vivre avec son temps, mais c’est tout de même un quar­tier histo­rique avec une forte iden­tité archi­tec­tu­rale. Je trouve que c’est vrai­ment cava­lier de construire un projet comme celui-ci sans concer­ta­tion avec les habi­tants du quar­tier ! Ne peut-on pas valo­ri­ser les terrains dispo­nibles autre­ment qu’en construi­sant des immeubles ? ».

Les rive­rains, qui envi­sagent de se rassem­bler sous forme d’as­so­cia­tion, devraient prochai­ne­ment s’en­tou­rer d’une avocate spécia­li­sée en urba­nisme. Objec­tif : trou­ver un vice dans le permis de construire qui pour­rait justi­fier un recours ou, dans une autre mesure, négo­cier avec le promo­teur avec qui ils ont déjà tenté une première approche sans retour. « On pour­rait discu­ter sur diffé­rents points comme le nombre d’étages, les délais », espère Nico­las. « On nous dit que notre loge­ment va prendre de la valeur car ces appar­te­ments vont très bien se vendre ! Mais ce n’est pas ça le problème. Notre soucis, c’est notre vie de quar­tier ! ». 

Du côté de la mairie du 1er arron­dis­se­ment, l’élue Laurence Boffet regrette le carac­tère « bobo-chic » de ce projet dans un quar­tier déjà confronté à l’em­bour­geoi­se­ment. « Nous n’avons pas du tout été concerté au niveau de la mairie si ce n’est pour le mini­mum légal », précise-t-elle.

Bapti­sée EntreVues, cette nouvelle rési­dence devrait être livrée pour le deuxième semestre 2022. 

Romain Desgrand

2 commentaires

  1. soph says:

    Bjr, Après la rue du Bon Pasteur, la vente de l’Ecole des Beaux-arts, maintenant s’ajoute de projet qui continue de défigurer l’arrondissement…!!!!

  2. jacques lacroix says:

    Bonjour à tous,
    Il semble que ce soit un certain Michel Le Faou, chargé de l’urbanisme à la Métopole de Lyon, qui a signé le permis de construire qui nous occupe.

    Juste une petite question : étant donné l’importance de la construction prévue (3 rues sont concernées); que le terrain est passablement pentu et que l’on va le creuser pour y installer des garages; que la dite-construction va s’appuyer sur des galeries d’eau souterraines – les balmes, autrement appélées le gruyère croix-roussien-; que nos chères pentes ont été déclarées patimoine mondial par l’UNESCO et enfin que tous les immeules avoisinants se tiennent tous entre eux depuis 2 siècles…

    Voici ma question :
    – la responsabilité pécunière et pénale du signataire de ce permis de construire serait-elle engagée en cas de :
    – glissement de terrain? ???
    – effondrement lors de la destruction de l’existant ???
    – inondation ou fissures dans les immeubles avoisinants non touchés par le projet ???
    J’en doute !
    – la responsabilité pécunière et pénale de la Métropole et de la Ville de Lyon serait-elle également engagée ?
    J’en doute !
    Mrs Collomb, Kimerfield et Bouygues oseront-ils déclarer l’accident comme une “catastrophe naturelle” ?
    Je n’en doute pas !
    *

    Et au final, c’est vous et moi qui paieront la note de l’irresponsabilité.
    Un commentaire ?

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