Mon quartier au quotidien


À la Croix-Rousse, les commu­nistes réin­tègrent leur local toujours vanda­lisé

Les fenêtres sont encore bouchées avec du carton, mais qu’im­porte. Mercredi après-midi, les mili­tants du PCF (Parti commu­niste français) ont célé­bré la réou­ver­ture de leur QG rue Imbert-Colo­mès sur les pentes de la Croix-Rousse.

En décembre dernier, pour la 2e fois dans la même année et la 6e depuis son instal­la­tion ici fin 2009, le parti a été victime d’actes de vanda­lisme. Les vitres ont été brisées à coup de battes de base­ball. Une attaque qui s’ins­crit dans une série de dégra­da­tions dans le quar­tier (La Plume noire, une librai­rie anar­chiste ou l’Union dépar­­te­­men­­tale des syndi­­cats CNT) et qui serait signée par des grou­pus­cules fascistes, selon le PCF.

 

Toujours pas de paie­ment de l’as­su­rance 

Et depuis ? Les commu­nistes sont toujours en attente du paie­ment de l’as­su­rance (3200 euros) pour réali­ser les répa­ra­tions.  « On en a marre d’at­tendre.  Je pense que nous allons lancer une sous­crip­tion , se désole Aline Guitard, secré­­taire de section du PCF de Lyon. On paie le loyer depuis le 27 décembre pour rien. On ne peut plus se réunir ».

Malgré les circons­tances, l’am­biance était bon enfant mercredi. Plusieurs person­na­li­tés locales ont fait le dépla­ce­ment dont la maire du 1er, Natha­lie Perrin-Gilbert (Gram) ou encore Isabelle Granjon (PCF), conseillère muni­ci­pale et conseillère du 1er arron­dis­se­ment.

Mais derrière les sourires, l’aga­ce­ment persiste. «  Cela commence à deve­nir très compliqué. Il va falloir que l’on trouve une vraie solu­tion pour renfor­cer nous-mêmes le local avec quelque chose de plus résis­tant », glisse Lucien Ange­letti, mili­tant PCF qui redoute une autre attaque.

« Faire fi des diffé­rences »

L’opé­ra­tion s’ac­com­pa­gnait d’une séance de trac­tage pour les élec­tions euro­péennes.  Très vite, les mili­tants vont devoir se concen­trer sur les prochaines échéances locales.

« On va tout de suite se mettre au travail pour les muni­ci­pales, assure Aline Guitard, ancienne tête de liste en 2014 dans le 4e arron­dis­se­ment. Il est urgent que la gauche s’unisse, se mette autour d’une table en faisant fi d’un certain nombre de diffé­rences qui ne se gère pas à l’échelle de la ville ».

Reste à savoir si le PCF rejoin­dra le mouve­ment Lyon en commun, lancé il y a quelques mois par la maire du 1er et  La France insou­mise (lire ici).  « On va rencon­trer toutes les forces poli­tiques de gauche et discu­ter avec tout le monde des projets comme lors de la précé­dente campagne », pour­suit celle qui figu­rait à l’époque sur la liste Lyon citoyenne et soli­daire, la même que NPG.

 

Vers une union des gauches ?

« J’es­père que cette fois on fera mieux car au final, l’op­po­si­tion de gauche dans la ville aujourd’­hui est minime, morce­lée et peu effi­cace même si avec peu de bras on peut parfois faire bouger les choses », ajoute Aline Guitard en citant la récente action des élus pour lutter contre la ferme­ture de l’école Levis Strauss (lire ici). « Mais on veut faire plus. Nous voulons construire avec toutes les forces une union des gauches pour Lyon, sans deman­der aux gens de se fondre derrière un parti. »

Un vieu rêve qui semble aujourd’­hui bien utopiste, la gauche étant elle-même déchi­rée sur les Pentes (lire ici). Le rythme de la précam­pagne devrait bien­tôt s’ac­cé­lé­rer.

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