Mon quartier au quotidien


Muni­ci­pales 2020 : Yann Faure, l’out­si­der qui pour­rait comp­ter

Encore peu connu du grand public, Yann Faure pour­rait bien jouer un rôle impor­tant dans les prochaines élec­tions muni­ci­pales de la Croix-Rousse. Mili­tant à la France insou­mise, il a rejoint le mouve­ment Lyon en commun co-créé par son parti et celui de Natha­lie Perrin-Gilbert, la maire du 1er. De là à se hisser en tête d’une liste ? Sur le Plateau comme dans les Pentes, l’op­tion est bien envi­sa­geable.

Si rien n’est encore acté, l’in­sou­mis devrait être de plus en plus présent dans la vie poli­tique de la colline croix-rous­sienne. Yann Faure est l’un des porte-parole de Lyon en commun, le mouve­ment lancé par FI et le Gram en novembre dernier pour tenter de « rempor­ter la ville ». Un projet ambi­tieux qui, pour fonc­tion­ner, devrait passer par une victoire dans le 1er et le 4e, deux arron­dis­se­ments de prédi­lec­tion, auxquels s’ajou­te­raient d’autres quar­tiers comme le 7e.

« À la Croix-Rousse, nous avons une base de mili­tants sérieuse, enga­gée et impliquée avec laquelle nous avons fait beau­coup de rencontres et de débats depuis deux ans avec la FI », assure Yann Faure qui pour­rait lui-même être candi­dat.

« Beau­coup de gens me poussent à me présen­ter dans le 1er. Mais je me mets au service de l’or­ga­ni­sa­tion », souligne celui qui n’écarte pas l’idée de se lancer dans la course côté 4e dans une liste où pour­rait figu­rer NPG qui elle vise direc­te­ment la mairie centrale. Rien d’of­fi­ciel pour l’ins­tant. Lyon en commun repose sur des assem­blées citoyennes qui doivent elle-même se pronon­cer sur la compo­si­tion des listes. Mais Yann Faure reste en bonne posi­tion.

« Ecoso­cia­liste »

La poli­tique n’a pour­tant pas été une évidence pour cet ensei­gnant en mathé­ma­tiques et socio­logue. «  J’étais plutôt investi dans la défense les acquis du mouve­ment progres­siste social sur la fonc­tion publique, la sécu­rité sociale, la retraite, la santé, l’école, etc. » Et c’est un livre, Saison Brune de Philippe Squar­zoni — une enquête sur l’en­vi­ron­ne­ment sous forme de bande dessi­née publiée en 2012 —  qui lui donne envie d’agir.

« C’était un tour­nant pour moi car j’ai réalisé que le chan­ge­ment clima­tique posait un problème inédit à l’hu­ma­nité. Je suis devenu un peu plus écolo. Et surtout, je me suis marié avec un skieuse de fond et j’ai passé beau­coup de temps dans les espace natu­rel en montagne. J’ai vu les effets du chan­ge­ment clima­tique en très peu de temps ».

Il s’in­ves­tit alors à la Maison de l’éco­lo­gie, rue Bodin, asso­cia­tion non-poli­ti­sée dont il est toujours membre. Puis, séduit par le virage « ecoso­cia­liste » de Jean-Luc Mélen­chon, il devient un mili­tant actif pendant la campagne prési­den­tielle.

Habi­tant les Pentes à la lisère entre le 1er et le 4e, il évoque un « vrai coup de coeur » pour le quar­tier. « Je fais complè­te­ment corps avec cet endroit, je me vois finir ma vie ici », affirme-t-il  préci­sant qu’a­voir des respon­sa­bi­li­tés serait un « immense bonheur ».  

Il faudra être patient pour une annonce offi­cielle. Le mouve­ment doit propo­ser des projets précis par quar­tier à partir de juin. Les têtes de liste ne seront elles connues qu’à la rentrée. D’ici là, les oppo­sants se seront aussi lancé dans la bataille.

 

Romain Desgrand

Bio Express

47 ans. Yann Faure habite dans les Pentes depuis plus de 20 ans. Ensei­gnant en mathé­ma­tiques à Rillieux-la-pape, il inter­vient aussi en tant que socio­logue à l’École centrale, une école d’in­gé­nieur. Il est mili­tant auprès de la France insou­mise sans pour autant être encarté. Il n’a jamais été élu.

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