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Vœux de Natha­lie Perrin-Gilbert : en remplaçant Collomb, Képé­né­kian amuse la gale­rie

Braver l’en­ne­mie ou renon­cer ? Face au dilemme le maire de Lyon Gérard Collomb a tran­ché hier soir en déci­dant de ne pas se rendre aux vœux de Natha­lie Perrin-Gilbert, édile du 1er arron­dis­se­ment. Offi­ciel­le­ment, l’ex-ministre était à la céré­mo­nie des vœux du préfet du Rhône qui se dérou­lait une heure avant. Mais après les huées dans le 6e (lire ici) et le lapsus dans le 2e (lire ici), se trou­ver sur scène aux côtés de NPG, sa plus féroce oppo­sante, semblait de trop. « J’en­voie quelqu’un », nous a répondu le maire, hier soir.

 

Photo incom­plète 

Ce quelqu’un, c’est Georges Képé­né­kian, son 1er adjoint qui a assuré l’in­té­rim lors de son passage au gouver­ne­ment. Le repré­sen­tant est donc monté sur scène avec NPG, place Colbert, dans le froid et le vent. 

« Être à l’ex­té­rieur est pour nous, élus du 1er, un symbole, a expliqué Natha­lie Perrin-Gilbert. Nous pensons que les élus ne doivent pas rester dans leur Hôtel de Ville mais être aux côtés des citoyens et des citoyennes qui vivent et travaillent dans nos quar­tiers. Nous devons être à leurs côtés pour écou­ter, voir, ressen­tir afin de mieux asso­cier et agir. »

NPG a d’abord invité les élus de l’ar­ron­dis­se­ment — oppo­si­tion de droite comprise — à se joindre à elle. Mais c’était sans comp­ter sur les six élus de la Manu­fac­ture de la Cité, pour­tant membres de la majo­rité, toujours en plein conflit avec la chef de l’exé­cu­tif (lire ici). Monter sur scène avec elle ? « Sûre­ment pas ! », lâche l’un d’entre eux qui préfère assis­ter aux discours depuis le public.

 

Doléances et propo­si­tions

Une absence prévi­sible qui n’a, en rien, perturbé NPG. Dans une allo­cu­tion d’une ving­taine de minutes, la maire a, bien entendu, lancé quelques flèches en direc­tion de l’Hô­tel de Ville, bien qu’on l’ait connue beau­coup plus inci­sive. En réfé­rence aux révoltes des Canuts, elle a ainsi inter­pellé : « Comment ne pas entendre leur écho ? Nous avons un devoir de les écou­ter alors que notre ville devient de plus en plus excluante avec pour symp­tôme une hausse incon­si­dé­rée des loyers, le manque criant de places dans les crèches et dans les écoles, la cession de nos biens communs à des entre­prises privées. »

Mais l’édile qui ambi­tionne de deve­nir la première femme maire de Lyon aux élec­tions de 2020, en a surtout profité pour déve­lop­per plusieurs propo­si­tions qu’elle compte bien porter dans les débats l’an­née prochaine.

« Je souhaite vrai­ment la mise en gratuité des trans­ports en commun, ainsi que l’ont déjà fait plusieurs villes en France ou en Europe. On en peut plus se satis­faire d’un Sytral qui se comporte comme l’État dans l’État, qui fait de la lutte contre la fraude l’un de ses seuls fer de lance et qui a des tarifs prohi­bi­tifs parmi les plus chers de France. »

Autre thème qu’elle a déjà eu l’oc­ca­sion d’évoquer en conseil muni­ci­pal : le budget de la Ville (lire ici). Dénonçant le recours aux agences de nota­tion, elle imagine un budget évalué par « un comité indé­pen­dant composé d’ex­perts mais aussi d’ha­bi­tants tirés au sort parmi les volon­taires » avec « une évalua­tion faite sur la base d’in­di­ca­teurs de bien-être humain »

 

« J’ai bien fait atten­tion au prénom »

Remer­cié par NPG pour « son écoute » dans la période où il était maire, Georges Képé­né­kian a pris la relève derrière le pupitre avec la bonho­mie qui lui est propre, déclen­chant à plusieurs reprises l’hi­la­rité dans l’as­sem­blée.  « Ces vœux, je les ai déjà fait comme adjoint, puis comme maire, mais me voilà rede­venu adjoint, ma foi, je vais faire avec !, s’est-il exclamé. Je repré­sente le maire mais je n’ai pas profon­dé­ment changé non plus ».

L’adjoint a tenu à saluer les diffé­rents maires présents dans le public avec un « Cher David » appuyé en direc­tion de David Kimel­feld, maire du 4e et président de la Métro­pole. « J’ai bien fait atten­tion au prénom », a-t-il glissé en réfé­rence au lapsus de Gérard Collomb qui à la céré­mo­nie des vœux du maire 2e avait appelé son adjoint « Monsieur Georges Kimel­feld ». 

Repre­nant son sérieux, Georges Képé­né­kian a assuré sans remettre en ques­tion le cahier de doléances de l’édile des Pentes,  « qu’on ne peut pas juste dire que l’on fait n’im­porte quoi dans cette ville ».  Et d’ajou­ter : « Nous sommes dans une nouvelle période de l’his­toire de notre ville et clai­re­ment nous avons à faire face à de nouveaux défis. »

Sous les applau­dis­se­ments du public, l’adjoint aura réussi le « service après-vente » de Collomb, grand perdant de la soirée. Comme le dit le proverbe, les absents ont toujours tort. 

 

 

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