Mon quartier au quotidien


Le combat de Didier Tissot pour chan­ger les regards

Pour faire bouger les menta­li­tés sur le handi­cap, le Croix-Rous­sien Didier Tissot s’in­ves­tit depuis plusieurs années dans la vie du quar­tier. Son rêve ? Agir au delà de la Croix-Rousse et fédé­rer les neuf arron­dis­se­ments de Lyon dans un nouveau conseil dédié à l’ac­ces­si­bi­lité. 

Un acci­dent de moto à l’âge de 18 ans a fait bascu­ler sa vie. Alors qu’il se rendait sur son lieu de travail, Didier Tissot a fait une chute « banale » en glis­sant à un feu rouge. Aujourd’­hui âgé de 52 ans, il se déplace en fauteuil roulant élec­trique et est épaulé par cinq auxi­liaires de vie qui se relaient. « J’ai un creux de liberté entre 14h et 18h », plai­sante Didier avant de se plon­ger dans ses souve­nirs. « J’ai passé les premières années de ma vie adulte à regar­der le plafond. Les auxi­liaires n’exis­taient pas », raconte-t-il. Pas ques­tion pour autant de se lamen­ter sur son sort. « J’ai pu me forger un carac­tère suffi­sam­ment solide pour pouvoir tenir tête à tous ceux qui nous montrent du doigt ou qui ne font même pas atten­tion à nous », écrit-il sur son site Renais­sance, récit de son combat pour l’au­to­no­mie des personnes handi­ca­pées.

Fougue. Cette éner­gie parfois «  fougueuse », comme il le concède lui-même, l’a poussé à s’in­ves­tir dans la poli­tique locale du 4e arron­dis­se­ment pour les élec­tions muni­ci­pales de 2014. Présent sur la liste de gauche Le défi citoyen chapeau­tée par René Brighi (score 3,10%), il prend goût à son enga­ge­ment et, grâce à son présence au sein du conseil de quar­tier Est Rhône, devient vite un réfé­rent pour les ques­tions liées aux handi­cap du Plateau et même au-delà. Récem­ment, la maire du 1er, Natha­lie Perrin-Gilbert, l’a solli­cité pour inter­ve­nir au sein du conseil d’ar­ron­dis­se­ment des enfants avec lequel il a construit une campagne de sensi­bi­li­sa­tion. Il planche désor­mais sur un projet en lien avec le collège Clément Marot  où les élèves pour­raient simu­ler des situa­tions de handi­cap en se déplaçant en fauteuil, avec des béquilles ou une pous­sette. « La loi est claire : on doit pouvoir accé­der aux lieux publics par nos propres moyens », précise-t-il.

À long terme, Didier aime­rait impul­ser la créa­tion d’un nouveau conseil dédié au handi­cap et à l’ac­ces­si­bi­lité au niveau de Lyon en réus­sis­sant notam­ment des adjoints de tous les arron­dis­se­ments. Il l’as­sure : son enga­ge­ment est avant tout voué aux autres. « Je suis un peu comme une loco­mo­tive qui raccorche les vagonds pour ensuite passer le flam­beau quand la machine sera lancée », souligne-t-il en espé­rant contri­buer à son niveau à la construc­tion d’une société un peu plus égali­taire. « Je ne supporte pas l’injus­tice », conclut-il.

 

Bio Express

52 ans. Didier Tissot a été vice-cham­pion de France de boule lyon­naise à 16 ans. Aux élec­tions muni­ci­pales de 2014, il était présent sur la liste Défis citoyen qui a fait un score de 3,10 %. 

Son site : renais­sance.71.free.fr

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