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Lyon en commun : une alliance de gauche pour « rempor­ter la ville »

Ils veulent « décon­fisquer » Lyon et impul­ser un nouvel élan poli­tique. Après le retour de Gérard Collomb et l’of­fi­cia­li­sa­tion des candi­da­tures d’Étienne Blanc et de Pascal Blache aux élec­tions muni­ci­pales de 2020, des élus de la gauche d’op­po­si­tion se lancent à leur tour dans l’arène.

La maire du 1er arron­dis­se­ment, Natha­lie Perrin-Gilbert (Groupe de réflexion et d’ac­tion métro­po­li­taine) et son adjoint Elliott Aubin (La France insou­mise), ont présenté aujourd’­hui lors d’une confé­rence de presse la créa­tion du mouve­ment Lyon en commun né d’un parte­na­riat de leur parti respec­tif et soutenu par Jean-Luc Mélen­chon. L’objec­tif ? Décro­cher la Ville sous cette nouvelle étiquette et peser au sein de la Métro­pole. La stra­té­gie ? Un projet parti­ci­pa­tif co-construit sur le terrain au sein des 9 arron­dis­se­ments de Lyon.

 

Revers

En choi­sis­sant de mettre en avant un projet plutôt qu’une candi­da­ture autour de son nom, NPG envoie un joli revers à ses détrac­teurs qui l’ac­cusent souvent de la « jouer perso ». Un choix rusé même si l’édile des Pentes est aujourd’­hui la seule de son camp à avoir une aura suffi­sam­ment impor­tante pour prétendre au titre de maire de Lyon.

« Nous ferons vali­der les propo­si­tions par les citoyens qui nous ont rejoint et, de la même façon, nous ferons vali­der le choix des personnes qui doivent porter le projet au niveau de la ville et dans chaque arron­dis­se­ment », précise-elle. Une chose est sûre : le nouveau mouve­ment ambi­tionne de propo­ser un candi­dat dans tous les arron­dis­se­ments. « Il ne s’agit pas simple­ment de faire un score sur Lyon mais de rempor­ter la ville », lance NPG portée par le succès de son inter­ven­tion fracas­sante (qu’elle a bien écrite elle-même) lors du conseil muni­ci­pal qui a réélu, sans surprise, Gérard Collomb au poste de maire le 5 novembre dernier.

Lyon en commun espère aussi s’im­po­ser aux élec­tions métro­po­li­taines qui auront égale­ment lieu en 2020, en propo­sant des listes sur l’en­semble du terri­toire. Enfin, NPG et Elliott Aubin devrait prendre part au débat des élec­tions euro­péennes de mai 2019 en soute­nant Benoît Schne­cken­bur­ger, candi­dat Insou­mis lyon­nais.

 

Maquillage vert

« Cet appel veut propo­ser un autre Lyon, diffé­rent du Lyon actuel où le pouvoir est centra­lisé, replié sur lui-meme », a expliqué Elliott Aubin qui dénonce par ailleurs « une certaine exper­tise dans le maquillage vert, c’est à dire les réformes qui font croire que l’on fait de l’éco­lo­gie alors qu’on est très en retard sur ce terrain-là.  »

Inspiré de diffé­rents mouve­ments tel que Barce­lona en Comú en Espagne, Lyon en commun vise à écrire un programme avec la contri­bu­tion d’ha­bi­tants et  d’ac­teurs du terri­toire (écono­miques, cultu­rels, spor­tifs…). La machine sera offi­ciel­le­ment lancée en janvier au cours d’une première « assem­blée citoyenne » avec les signa­taires de l’ap­pel. Suivront ensuite, durant neuf mois, une série de rendez-vous et d’au­di­tions d’ac­teurs locaux et d’ex­perts pour un bilan prévu à l’au­tomne 2019.

« Nous voulons que les Lyon­naises et les Lyon­nais reprennent en main leur ville ! , lance NPG. Les sauveurs n’existent pas. Ce n’est pas une ou trois personnes qui parvien­dront seules à déver­rouiller le système Collomb et cette confis­ca­tion de l’exer­cice démo­cra­tique et de la ville. Nous avons besoin d’un élan. On va réflé­chir avec les habi­tants partout dans la ville et vous allez le voir, cela va être régu­lier et visible  ». Les deux élus du 1er devraient ainsi se posi­tion­ner en « anima­teurs » de la démarche.

 

Tran­sports gratuits et cantines bio

Si le programme va se dessi­ner au fil des prochains mois, certaines idées sont déjà mises sur la table comme la gratuité des trans­ports en commun, l’en­ca­dre­ment des loyers ou encore l’ins­tau­ra­tion du 100 % bio dans les cantines muni­ci­pales. Autre mesure : décon­nec­ter le budget muni­ci­pal des notes d’agence de nota­tion. « Nous ne voulons plus que notre budget soit simple­ment guidé par les grandes agences de cota­tion, lâche NPG. On ne construit pas une ville et un budget pour rece­voir une bonne note de la finance mais  pour que les habi­tant s’y sentent bien. Nous devons réflé­chir à un nouvelle indi­ca­teur, celui du bien être. »

Elliott Aubin a quant à lui précisé l’im­por­tance de « relo­ca­li­ser l’éco­no­mie en circuit court avec le déve­lop­pe­ment et la défense des commerces de proxi­mité face aux grands groupes privés  ».

Le mouve­ment souhaite aussi ouvrir l’Hô­tel de Ville pour offrir aux piétons un passage de la place Louis Pradel à celle des Terreaux. Un projet symbo­lique pour illus­trer leur désir de « faire sauter les verrous  ».

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