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Squat de la Croix-Rousse : «  Ce n’est que le début »

Boos­tés par la déci­sion du tribu­nal admi­nis­tra­tif qui a rejeté la demande d’ex­pul­sion immé­diate de la Métro­pole, les mili­tants et béné­voles du squat Maurice Scève veulent aller plus loin dans leur enga­ge­ment. Depuis fin septembre, l’an­cien collège situé rue Louis Théve­net est devenu le refuge de jeunes d’ori­gine d’Afrique subsa­ha­rienne qui logeaient aupa­ra­vant dans les Pentes. En signe de leur victoire en justice, les « squat­teurs » ont rebap­tisé le lieu « Jeune sait quoi ». Une réfé­rence à la plai­do­rie de l’avo­cat de la Métro­pole qui aurait lancé lors de l’au­dience que les lieux ont été investi par des « anar­chistes et je ne sais quoi ».

La semaine dernière, le photo­graphe croix-rous­sien Walib Boo a fait appel au graf­fer Théo Haggaï pour réali­ser une fresque sur la façade du bâti­ment. Des mains serrés, une chaîne d’union, des « rêveurs »…« Peu importe d’où l’on vient sur la planète, notre but c’est de s’ac­cro­cher à notre huma­nité », résume Théo Haggaï . Tout un symbole.

« Scola­ri­ser les jeunes ». Selon les béné­voles, jusqu’à 130 jeunes peuvent dormir dans l’an­cien collège chaque nuit. Un chiffre en augmen­ta­tion. « Avec les réseaux sociaux, le squat s’est fait connaître au-delà des fron­tières, en Italie et en Espagne », assure un mili­tant. Prochain enjeux : orga­ni­ser la mobi­li­sa­tion parfois encore décou­sue et prépa­rer l’ar­ri­vée de l’hi­ver. « Nous avons l’élec­tri­cité et on espère pouvoir faire fonc­tion­ner le chauf­fage, explique Jasmin. L’ou­ver­ture du squat n’était qu’un début. Nous souhai­tons désor­mais scola­ri­ser les jeunes et les régu­la­ri­ser, tout comme les quelques majeurs égale­ment présents. » 

Un voeu pieu ?   Le projet immo­bi­lier qui doit prochai­ne­ment se déployer ici même est toujours dans les rouages. Au squat du Plateau, une course contre la montre est enga­gée. « Aujourd’­hui, la ques­tion n’est pas de savoir si nous allons être expul­sés mais comment ils vont y parve­nir », conclut Jasmin.

Romain Desgrand

 

En photo : L’ar­tiste Théo Haggaï et le photo­graphe Walib Boo.

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