Mon quartier au quotidien


La petite mytho­lo­gie inté­rieure de Blan­dine Manhes

Elle fait partie des artistes sélec­tion­nés par la mairie du 4e dans le cadre de l’expo­si­tion Le 4 des Arts, et ses œuvres seront à l’hon­neur jusqu’à la fin de l’an­née dans plusieurs lieux du Plateau. L’illus­tra­trice croix-rous­sienne Blan­dine Manhes dessine des univers envoû­tants où l’œil vaga­bonde à travers une foison de détails. Rencontre.

Enfant, Blan­dine Manhes avait pour habi­tude de se poser cette ques­tion exis­ten­tielle : comment s’oc­cupe-t-on une fois adulte, lorsque l’on cesse de jouer ? «  En dessi­nant, je crois que j’ai trouvé une réponse et un moyen de conti­nuer à m’amu­ser  », sourit-elle. Blan­dine a aujourd’­hui 31 ans. Mais l’ima­gi­na­tion foison­nante de la petite fille, benja­mine d’une famille de quatre enfants, semble intacte.

On l’a retrou­vée au Café de la crèche, rue Aimé-Bous­sange, un lieu feutré et chaleu­reux où elle vient chaque jour. La jeune artiste qui vit à la Croix-Rousse a le vent en poupe : en plus de sa parti­ci­pa­tion au 4 des Arts, deux expo­si­tions lui seront entiè­re­ment consa­crées dans le quar­tier d’ici la fin d’an­née (lire ci-dessous).

Créa­tures oniriques. Il y a quelque chose de fasci­nant et d’hyp­no­tique dans l’uni­vers de Blan­dine. On pour­rait passer des heures à contem­pler et analy­ser ses dessins, remplis de détails et de person­nages. Des créa­tures oniriques, des oiseaux à chaus­sures, des masques afri­cains… C’est avec sa «  mytho­lo­gie person­nelle   », reflet de ses émotions, qu’elle comble le vide de la page blanche mêlant tracés enfan­tins et scènes étranges, parfois angois­santes.

«  Satu­rer le papier m’apaise   », explique-t-elle. Après des études aux Beaux-Arts de Saint-Étienne, puis de Cergy – où elle s’est toujours sentie à part –, elle décide de s’ins­tal­ler à la Croix-Rousse pour son ambiance arty. Elle grif­fonne chez elle d’un geste quasi-auto­ma­tique et incons­cient, en serrant de tous ses doigts son crayon à la mine très fine et en gardant la feuille de papier tout près d’elle.

Transes créa­trices. « Souvent j’écoute la radio pour ne pas trop penser quand je dessine », ajoute-t-elle. De ses transes créa­trices naissent des planches, des frises et, depuis récem­ment, de jolis lumi­naires qui se colorent une fois éclai­rés.

Blan­dine travaille aussi au musée des Beaux-Arts de Lyon, où elle surveille les salles d’ex­po­si­tion. Quand tout est calme et qu’elle règne seule au milieu des œuvres, elle laisse son imagi­na­tion filer sur le petit carnet qui ne la quitte jamais.

Pour accom­pa­gner ses dessins, elle écrit parfois des poésies qu’elle conserve jalou­se­ment.  Trop inti­mistes pour être dévoi­lées. «  Je préfère lais­ser au spec­ta­teur sa liberté d’in­ter­pré­ta­tion. »

Romain Desgrand

 

Bio express
Né en 1986 dans le nord de la France, Blan­dine Manhes vit aujourd’­hui sur le Plateau. Elle a fait des études aux Beaux-Arts de Saint-Étienne et Cergy.

Expo

Le 4 des Arts jusqu’au 12 octobre (mairie et maison des asso­cia­tions). Expo­si­tion aux Enfants du Tarmac (18 rue Dumont) du 27 octobre au 1er décembre (vernis­sage le 10 novembre) puis au Bistro fait sa broc’ (1 – 3 rue Dumenge) du 14 novembre au 12  décembre.

blan­di­ne­manhes.com

Son spot favori
La rue des Fantasques les matins d’hi­ver pour contem­pler l’aube, la brume et la fumée des chemi­nées.

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