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Natha­lie Perrin-Gilbert affronte son adjoint au tribu­nal

La guerre entre Natha­lie Perrin-Gilbert, maire du 1er arron­dis­se­ment, et ses adjoints a fran­chi un nouveau cap ce mardi 18 septembre. Mais cette fois-ci, la scène se jouait au tribu­nal de grande instance de Lyon.

L’élue a, en effet, déposé plainte contre Jean-Pierre Bouchard, son adjoint au secteur musi­cal et à la poli­tique événe­men­tielle, pour diffa­ma­tion au sujet d’une phrase pronon­cée lors d’une confé­rence de presse et relayée sur notre site Sala­de­lyon­naise.com.

« Ses méthodes d’hu­mi­lia­tion et de harcè­le­ment perma­nent ne sont plus possibles », avait-il confié en mars dernier lors de son départ du Gram (Groupe de réflexion et d’ac­tion métro­po­li­taine) co-fondé par l’édile des Pentes. Le début d’un divorce poli­tique et d’une crise à rebond que la trêve esti­vale n’a pas apai­sée, comme l’a démon­tré le conseil d’ar­ron­dis­se­ment de rentrée qui se tenait la semaine dernière.

Des termes « forts et risqués » selon la juge. L’avo­cat de NPG,  Maître Alain Jaku­bo­wicz, connu pour avoir défendu Nordahl Lelan­dais, a précisé que « quand on impute un délit à quiconque, ce propos est diffa­ma­toire ».

 

« Le cadre a été dépassé »

« J’ac­cepte les critiques mais cette fois-ci la limite a été dépas­sée », a expliqué NPG à la barre justi­fiant ainsi sa démarche devant la justice. « Je sais que la vie poli­tique n’est pas un long fleuve tranquille mais le débat doit avoir lieu dans un cadre et cette fois-ci, il n’a pas été respecté. Ces propos portent atteinte à qui je suis en tant que femme et maire d’ar­ron­dis­se­ment. »

Dans le public, plusieurs membres du conseil d’ar­ron­dis­se­ment, Arthur Remy et Fatima Berra­ched, sont venus appor­ter leur soutien au prévenu.  Jean-Pierre Bouchard a affirmé ne pas regret­ter sa phrase. « Je regrette seule­ment d’être accusé de diffa­ma­tion car je ne voulais pas bles­ser mais faire part d’une vérité. »

Là rési­dait la ques­tion centrale de cette audience très poli­tique : Qui est vrai­ment Natha­lie Perrin-Gilbert ? Une « maire exigeante avec des respon­sa­bi­li­tés  » comme elle se décrit elle-même ou une diri­geante à la gestion « insup­por­table », comme tente de la démon­trer plusieurs de ses adjoints ?

 

L’ex-direc­trice de cabi­net de NPG témoigne

La défense a tenté de prou­ver la bonne foi de Jean-Pierre Bouchard en faisant appel à Pauline Vianey, direc­trice de cabi­net de NPG  de juin 2013 à août 2015 qui a décrit une maire « luna­tique » et redou­tée. « On appré­hen­dait chaque matin de savoir dans quelle humeur elle serait et à quelle sauce elle allait nous manger », a-t-elle rapporté décri­vant des scènes où la maire lui aurait « hurlé  » dessus ou asséné des remarques dépla­cées. Pauline Vianey avait fina­le­ment quitté ses fonc­tions, deman­dant à être licen­ciée. « J’ai encore un peu la boule au ventre quand je dois passer par la place Satho­nay », a-t-elle glissé.

 

« Ces mots sont des armes pour tuer  »

D’autres adjoints ont, par ailleurs fourni des attes­ta­tions pour appuyer la défense. Des argu­ments contrés par NPG qui a souli­gné les bons rapports avec les colla­bo­ra­teurs qui travaillent à ses côtés depuis plusieurs années. Son direc­teur de cabi­net actuel était d’ailleurs présent pour la soute­nir.

« Ces mots sont des armes pour tuer poli­tique­ment et c’est ce que je vous demande de juger  », a fina­le­ment lancé Maître Alain Jaku­bo­wicz.

Maître Laurent Saba­tier, avocat de Jean-Pierre Bouchard, a plaidé la relaxe en deman­dant une somme de 3000 euros à titre de dommage et inté­rêt. « Ces propos ne sont pas dénués de sens, ils étaient de bonne foi  », a-t-il conclu. 

NPG demande une somme totale de 15 000 euros ainsi qu’une publi­ca­tion judi­ciaire dans plusieurs jour­naux lyon­nais.

Le juge­ment sera rendu le 16 octobre.

 

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