Mon quartier au quotidien


L’ate­lier Matte­lon s’offre un second souffle

Une nouvelle histoire commence au 10 rue Richan. Après des années de restau­ra­tion, réali­sés béné­vo­le­ment et en auto­fi­nan­ce­ment par des amis passion­nés, le dernier atelier fami­lial de tisseur de soie (où a long­temps travaillé l’illustre Georges Matte­lon) ouvre à nouveau ses portes au public. Rendez-vous samedi 8 septembre à partir de 17 h pour l’inau­gu­ra­tion.

Au deuxième étage de la bâtisse, l’heure est aux derniers prépa­ra­tifs. On range, on dépous­sière, on peau­fine. Aujourd’­hui, un tech­ni­cien est venu enre­gis­trer le « bistan­claque », bruit typique des métiers à tisser qui berçait autre­fois tout le quar­tier. «  Nous souhai­tons le faire réson­ner dans la rue le jour de l’inau­gu­ra­tion   », sourit Jacques Matte­lon (à gauche sur la photo) à la fois impa­tient et ému. Jacques est le fils de Georges Matte­lon, maître tisseur, Meilleur ouvrier de France. Si son nom ne vous dit rien, son visage ne vous est certai­ne­ment pas inconnu : c’est lui qui figure sur le Mur des Canuts.

Après son décès en 2004, Jacques aujourd’­hui proprié­taire de la maison où il est né, s’est lancé dans la restau­ra­tion et la mise aux normes avec ses amis. «  Les poutres des métiers, rongées par les vers, menaçaient de s’écrou­ler  », explique-t-il. Enfin, l’équipe de complices, joviale et enjouée, va pouvoir à nouveau parta­ger les secrets du lieu.

De la robe de la reine d’An­gle­terre aux métiers méca­niques. Baigné de lumière natu­relle pour faci­li­ter le travail de tissage, l’ate­lier est chargé d’his­toires, de souve­nirs et d’anec­dotes. « Sur ce métier, les tissus de la robe de mariage d’Eli­sa­beth II ont été confec­tion­nés  », décrit Jacques en traver­sant la pièce. «  Sur celui-ci, plusieurs étoffes ont été réali­sées pour de grands coutu­riers comme Given­chy ou Lacroix.  » Atelier de tissage à bras depuis 1878, la maison a un autre avan­tage histo­rique : elle abrite aussi des métiers méca­niques, instal­lés au rez-de-chaus­sée.

«  Ce sont donc plusieurs époques qui sont repré­sen­tées avec diffé­rentes tech­niques et astuces de tissage, commente Jacques. Nous voulons égale­ment montrer qu’il y avait tout un monde qui travaillait autour du tissage dans le quar­tier, avec une grande variété de métiers.  »

Les visites (sur réser­va­tion) seront enri­chies des mémoires de Georges Matte­lon, qui s’est long­temps confié sur son travail à un histo­rien. Après toutes ces années de travaux, «  on va enfin pouvoir se faire plai­sir   », se réjouit Jacques, heureux de faire vivre encore et toujours la mémoire de son père, de sa famille et de la Croix-Rousse.

Romain Desgrand

 

Bio Express
Jacques Matte­lon à 71 ans. Il a travaillé dans le textile en tant que direc­teur tech­nique spécia­lisé dans le fil exten­sible.
Le lieu est classé monu­ment histo­rique depuis 1996, date à laquelle il a cessé de fonc­tion­ner.
Visite sur rendez-vous au 06 51 26 09 32. Jour­nées du patri­moine : 15 et 16 septembre de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h.

Son spot favori
Le Mur des Canuts, au 36 boule­vard des Canuts, sur lequel figure Georges Matte­lon.

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