Mon quartier au quotidien


Expul­sées, plusieurs familles de Roms campent place Satho­nay

Après avoir été délo­gée d’un squat quai Saint-Vincent mardi 21 août, une tren­taine de personnes d’ori­gine moldave et roumaine se retrouvent à la rue. Elles ont déjà passé deux nuits sur la place Satho­nay.

L’ombre des platanes ne parvient pas à atté­nuer la chaleur esti­vale. Sur la place Satho­nay, mercredi 22 août, l’air brulant de la mi-jour­née semble diffu­sée une léthar­gie conta­gieuse. Pour­tant, près de la statue du sergent Blan­dan, un petit groupe composé de membres du collec­tif Ouvrons les Yeux et de rive­rains a tout de même trouvé l’éner­gie de se rassem­bler pour faire le point sur la situa­tion. 

Après deux expul­sions en seule­ment quelques semaines, une tren­taine de personnes de culture Rom se sont instal­lées juste en dessous de la marie du 1er arron­dis­se­ment dans l’es­poir de béné­fi­cier rapi­de­ment d’une solu­tion de loge­ment. Valises et sacs sont entas­sés près des bancs, un drap blanc accro­ché aux arbres affiche un message en lettres capi­tales : « La Métro­pole met des familles à la rue ».  

« Il faut se rendre au marché de la Croix-Rousse pour récu­pé­rer des inven­dus », lance une aidante. Un mère de famille s’avance avec la main sur la poitrine. Elle a du mal à respi­rer tente-t-elle d’ex­pliquer dans sa langue mater­nelle. Faut-il aller à la phar­ma­cie ? Préve­nir Méde­cin sans fron­tière ? 

Du bidon­ville de Vaise au 1er arron­dis­se­ment

« Psycho­lo­gique­ment, c’est très lourd d’être constam­ment déra­ciné », assure une habi­tante du quar­tier venue prêter main forte au mouve­ment de soutien.  Car le groupe de Roms n’en est pas à sa première expul­sion. « Ces familles logeaient aupa­ra­vant dans un bidon­ville de Vaise, où notre collec­tif, composé de travailleurs sociaux en forma­tion, leur venait en aide », explique Léa qui pianote sur son télé­phone pour tenter d’ob­te­nir des soutiens poli­tiques.

Suite à une première expul­sion début août, Ouvrons les Yeux a pu relo­ger une partie des familles dans un squat situé dans un immeuble aban­donné du quai Saint-Vincent. Mais, alors qu’une partie du plafond menaçait de s’ef­fon­drer, la Métro­pole a impulsé une nouvelle expul­sion via un arrêté de mis en péril. Si quelques personnes ont pu béné­fi­cier d’un relo­ge­ment provi­soire les autres, sans solu­tion, ont rejoint la place Satho­nay, espé­rant atti­rer l’at­ten­tion de la mairie d’ar­ron­dis­se­ment bien que celle-ci n’est pas de pouvoir en la matière. 

« J’at­tends que d’autres arron­dis­se­ment s’en­gagent »

« Dès que j’ai été infor­mée de l’ex­pul­sion, je suis inter­ve­nue auprès des forces de l’ordre pour m’as­su­rer que l’opé­ra­tion se ferait le plus serei­ne­ment possible », explique Natha­lie Perrin-Gilbert, maire du 1er arron­dis­se­ment. « J’ai égale­ment demandé à la Métro­pole et la Préfec­ture, les deux auto­ri­tés compé­tentes en la matière, d’agir ».  

Cet été, l’édile des Pentes s’est faite remarquer en prenant le risque d’ou­vrir un lieu de répit provi­soire pour les mineurs migrants isolés et sans loge­ment dans une salle muni­ci­pale. « J’ai préféré mettre cette salle inoc­cu­pée pendant l’été à dispo­si­tion, même si ce n’était pas dans les clous régle­men­taires, plutôt que de lais­ser des jeunes dans la rue avec les dangers que cela comporte », explique-t-elle.

L’ini­tia­tive pren­dra fin le 31 août avec la reprise des acti­vi­tés asso­cia­tives de cet espace. Mais NPG espère avoir semé une graine. « J’at­tends que d’autres arron­dis­se­ment s’en­gagent et donnent leur part », ajoute-t-elle. Un voeu pieu ? Ce jeudi matin, le camp était toujours sur la place Satho­nay.

 

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