Mon quartier au quotidien


Bais­ser de rideau pour l’Es­pace 44 ?

«  Menacé de ferme­ture par manque de moyens, l’Es­pace 44 affiche pour­tant complet tous les soirs, avec plus de 7 000 spec­ta­teurs à l’an­née et un équi­libre finan­cier main­tenu  », s’in­surge André Sanfra­tello, le direc­teur de ce théâtre des Pentes depuis 1986. En effet, aux restric­tions de subven­tions subies depuis 2012 s’ajoute aujourd’­hui une attaque contre le monde asso­cia­tif par le gel brutal des emplois aidés et leur dispa­ri­tion program­mée. « Une double peine pour notre mission d’ac­com­pa­gne­ment des comé­diens et d’ac­teur cultu­rel  », déclame-t-il. «  Scènes décou­vertes » depuis plus de 15 ans, l’Es­pace 44 s’ef­force d’ap­por­ter aux jeunes compa­gnies program­mées, un soutien tech­nique, admi­nis­tra­tif et artis­tique.

S’il est encore trop tôt pour mesu­rer l’am­pleur des dégâts que la suppres­sion des emplois aidés va occa­sion­ner, pour l’équipe du théâtre les consé­quences ne se sont pas faites attendre. Ampu­tée d’une partie de son person­nel, « plus que trois personnes au lieu de six  », retour­née à la case chômage du jour au lende­main, André Sanfra­tello explique : «  Nous pouvons diffi­ci­le­ment assis­ter profes­sion­nel­le­ment et tech­nique­ment les compa­gnies accueillies et essayons néan­moins d’as­su­rer cette saison dans des condi­tions acro­ba­tiques, tota­le­ment inte­nables à long terme.  » Une aber­ra­tion. «  Alors que l’État finance les écoles de théâtre, il coupe les subven­tions des théâtres comme le nôtre. Qui va accueillir ces jeunes comé­diens et leur permettre d’exer­cer leur métier ? Sûre­ment pas les grandes scènes  », pour­suit-il. Si le théâtre est en péril avec la «  mort prévi­sible des petits espaces cultu­rels », c’est toute une profes­sion qui est en train de jouer son dernier acte.

44 rue Burdeau. 04 78 39 79 71.

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