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Démis­sion du bureau du Gram : coup dur pour Perrin-Gilbert

A deux ans des élec­tions muni­ci­pales, c’est un vrai coup dur poli­tique pour Natha­lie Perrin-Gilbert.

Six de ses adjoints de la mairie du 1er arron­dis­se­ment de Lyon qu’elle dirige depuis 2001 et l’en­semble du bureau du Gram (Groupe de réflexion et d’ac­tion métro­po­li­taine) ont décidé de démis­sion­ner de ce mouve­ment poli­tique qu’elle avait co-fondé en 2011 et qui avait notam­ment permis sa réélec­tion lors des dernières muni­ci­pales.

 

“Natha­lie Perrin-Gilbert a refusé de signer le mani­feste du Gram”

“Le Gram ne pouvait plus conti­nuer comme ça. En septembre, nous avions réuni une AG extra­or­di­naire de refon­da­tion du mouve­ment qui a permis d’adop­ter à l’una­ni­mité de nouveaux statuts et un mani­feste contre la person­na­li­sa­tion, la profes­sion­na­li­sa­tion et le cumul des fonc­tions des élus membres du Gram. Rien de tout cela n’a été vrai­ment mis en place puisque Natha­lie Perrin-Gilbert qui ne respecte aucun de ses trois critères a refusé de signer ce mani­feste”, a lancé hier soir lors d’une confé­rence de presse Renaud Payre, le désor­mais ex-président du Gram.

 

“Du mauvais Baron noir”

Entouré de six élus de l’équipe muni­ci­pale de NPG, celui qui est aussi direc­teur de Science Po Lyon dénonce égale­ment “une concep­tion de mauvais Baron noir” du mouve­ment dans laquelle “de nombreux mili­tants gramiens ne se retrouvent plus”.

“Sur ces trois dernières semaines, on a remarqué une bonne dizaine d’adhé­sions prove­nant du cercle d’amis et de proches de Natha­lie Perrin-Gilbert. Ca, ça a été la goutte d’eau pour nous”, tacle-t-il, avant de lais­ser la parole aux élus présents.

 

“Ses méthodes d’hu­mi­lia­tion ne sont plus possibles”

“Natha­lie ne roule que pour elle. Elle est plus préoc­cupé par son deve­nir que par le travail que l’on mène sur le terrain. Ca a été très diffi­cile de prendre cette déci­sion de quit­ter le Gram, mais au fil du temps, le plai­sir de travailler avec elle a disparu. Ses méthodes d’hu­mi­li­ta­tion et de harcè­le­ment perma­nent ne sont plus possibles”, assure Jean-Pierre Bouchard, son adjoint à la vie écono­mique et événe­men­tielle.

Même son de cloche du côté d’Arthur Remy, le premier adjoint de Natha­lie Perrin-Gilbert ou encore de Jean-Pierre Gachet, le seul élu de sa majo­rité qui siège avec elle à la Métro­pole, qui assure qu’il y a “un travail de construc­tion poli­tique à faire dans le 1er et qu’on ne peut pas toujours protes­ter contre tout”.

 

La Manu­fac­ture de la cité, nouvelle plate­forme poli­tique

“Un point de non retour” selon Renaud Payre qui a conduit ce dernier à lancer avec ses amis démis­sion­naires un nouveau mouve­ment : “La Manu­fac­ture de la cité (MC)”.

“C’est une plate­forme poli­tique qui permet­tra de porter cette envie de gauche à Lyon. Mais nous allons d’abord prendre le temps de la construire jusqu’à la rentrée prochaine”, confie l’an­cien direc­teur de la campagne de NPG lors des dernières muni­ci­pales dans le 1er.

 

“Les manu­fac­tu­riers sont désor­mais majo­ri­taires dans le 1er”

Une nouvelle donne poli­tique à gauche qui affai­blit consi­dé­ra­ble­ment la maire de l’ar­ron­dis­se­ment qui espère bien être candi­date à sa réélec­tion dans deux ans.

Sans parler des deux années de mandat qui lui reste à passer avec cette équipe avec laquelle les rela­tions de travail devraient désor­mais être extrê­me­ment tendues.

“Que les choses soient claires, nous quit­tons le Gram, mais nous restons membres de la majo­rité à la mairie du 1er, même si la majo­rité du 1er, c’est nous main­te­nant. Ce sont les six élus manu­fac­tu­riers, nous sommes donc en posi­tion de force…”, conclut Renaud Payre, pas peu fier de son nouveau coup poli­tique.

 

“Natha­lie incarne les vraies valeurs de gauche du Gram”

La contre-attaque de Perrin-Gilbert ne sans doute devrait pas tarder. Dès hier soir, son entou­rage donnait déjà une autre version des faits.

“Renaud Payre a démis­sionné sous la pres­sion des mili­tants du Gram, car ces derniers lui deman­daient des comptes quant au fait par exemple qu’il n’y ait aucune date de fin de son mandat de président du mouve­ment. Il ne faut pas oublier aussi qu’il y a aujourd’­hui deux visions poli­tiques au sein du Gram. Celle de Natha­lie qui souhaite conser­ver les valeurs de gauche du Gram et celle de Renaud qui a veut s’ou­vrir et négo­cier avec des gens comme le macro­niste David Kimel­feld, confie un de ses proches à Salade Lyon­naise.

www.sala­de­lyon­naise.com

Antoine Comte

 

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