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Local du PCF vanda­lisé à la Croix-Rousse : la résis­tance s’or­ga­nise

 

C’est le poing levé qu’Aline Guitard, la secré­taire de section du PCF de Lyon et ancienne tête de liste aux muni­ci­pales de 2014 à la Croix-Rousse, a accueilli les dizaines de mili­tants venus protes­ter contre l’at­taque violente de leur local 1 rue Imbert-Colo­mès, dans les pentes de la Croix-Rousse (Lyon 1er), ce week-end.

« Entre cinq et six jeunes menés par un homme d’une quaran­taine d’an­nées », selon le signa­le­ment donné par le voisin qui les a surpris dans la nuit de samedi à dimanche, ont détruit la vitrine du local à coup de tessons de bouteilles.

Bilan : dix vitres brisées au total.

« Ce qui nous désole, c’est que ce n’est pas la première fois que notre local ou nos mili­tants sont attaqués ou mena­cés. Ici, c’est la cinquième fois depuis 2012 et, cette fois, seule notre vitrine a été détruite, ce qui montre clai­re­ment que l’at­taque est poli­tique », explique Aline Guitard.

Pour la secré­taire du mouve­ment, cette attaque est le symp­tôme de « quelque chose qui monte dans l’in­dif­fé­rence » depuis plusieurs années déjà. Cette fois-ci, une plainte a été dépo­sée et la police scien­ti­fique a déjà été dépê­chée sur les lieux pour mener l’enquête.

 

« Nous prônons le rassem­ble­ment et les valeurs de l’hu­ma­nisme »

Dans la foule, Rolland Jacquet, président du groupe « Gauche soli­daire » à la Métro­pole de Lyon,  venu en simple mili­tant, exprime sa lassi­tude : « Nous sommes fron­ta­le­ment oppo­sés poli­tique­ment : ce sont des gens qui prônent la haine de la diffé­rence et la violence comme moyen d’exis­ter ». 

Mais pour l’édile, c’est aussi la posi­tion du PCF en faveur des migrants qui dérange ces nouveaux grou­pus­cules d’ex­trême-droite : « Nous prônons le rassem­ble­ment et les valeurs de l’hu­ma­nisme. Le rejet des migrants s’ex­prime au plus haut sommet de l’Etat alors que l’abbé Pierre disait en 1950 cette phrase qui nous sert de bous­sole, « chacun, qui que ce soit, a droit à un toit ». Il se déclare aussi très « inquiet » par le nouveau projet de loi sur l’asile et l’im­mi­gra­tion qu’Edouard Philippe et Gérard Collomb étaient venu défendre le jour même à Lyon.

 

“C’est aussi la mairie de Lyon qui est à blâmer”

La soirée se pour­suit avec les prises de parole succes­sives des respon­sables des diffé­rents groupes de gauche qui prônent tous « l’unité » et qui soutiennent « leurs cama­rades commu­nistes ». 

Aline Guitard dénonce une « norma­li­sa­tion des actions fascistes » et regrette que Lyon soit deve­nue «  le labo­ra­toire d’idées nauséa­bondes  ».

Elle rappelle égale­ment le passé d’une ville de résis­tance : « Lyon doit rede­ve­nir la ville de Jean Moulin et nous conti­nue­rons à conju­guer le verbe résis­ter au présent comme le disait Lucie Aubrac ».  C’est au son d’un « no pasa­ran ! » vibrant que s’achève son discours sous les applau­dis­se­ments.

La CGT, présente hier soir, dénonce aussi l’ins­tal­la­tion du « Bastion social », nouveau groupe d’ex­trême-droite qui a pignon sur rue et « se prétend faus­se­ment comme le vrai syndi­cat du peuple ».

Pour les élus du 1er arron­dis­se­ment, notam­ment Jean-Pierre Bouchard ou encore André Gachet, « c’est aussi la mairie de Lyon qui est à blâmer. Pendant des années, Gérard Collomb a laissé s’ins­tal­ler tous ces groupes néfastes pour appa­raître comme le seul recours possible. Nous ne doutons pas que Georges Képé­né­kian, plus huma­niste, appor­tera la réponse néces­saire ». 

 

Rassem­ble­ment place des Terreaux le 3 mars

L’ac­cueil a été nette­ment plus froid pour Philippe Prieto, qui repré­sen­tait hier soir le PS en tant qu’an­cien adjoint de David Kimel­feld à la mairie du 4e.

Rica­ne­ments et huées ont accom­pa­gné sa prise de parole. « La lutte collec­tive ne fonc­tion­nera pas en s’in­sul­tant. Il faut un rassem­ble­ment de toutes les forces progres­sistes », a condamné Aline Guitard en s’adres­sant direc­te­ment à ces mili­tants issus majo­ri­tai­re­ment de la mouvance liber­taire.

Rolland Jacquet nous disait un peu plus tôt dans un sourire : « Fina­le­ment, il faudrait du grabuge plus souvent puisque c’est le seul moment où la gauche se rassemble vrai­ment ». 

Ce rassem­ble­ment est en tout cas appelé par tous les groupes de gauche le 3 mars prochain sur la place des Terreaux pour protes­ter contre « le nouveau risque fasciste qui ronge Lyon ». 

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