Mon quartier au quotidien


Sophie et Géral­dine Autié : les sœurs cordon­nières

Dans leur chaleu­reux atelier qui sent bon le bois et le cuir, à l’écart de l’agi­ta­tion du Plateau, rue Claude-Joseph-Bonnet, Sophie et Géral­dine Autié réparent les talons usagés, recousent les sacs éven­trés, repro­duisent des clés, modi­fient les bottes. Sans pous­ser à la consom­ma­tion, elles conseillent, et imaginent des solu­tions pour chaque modèle qui se présente. « On vend comme on a envie de consom­mer, de façon respon­sable, mais sans faire de la vente forcée. Si cela ne vaut pas le coup de répa­rer, c’est notre devoir de le signa­ler tout en essayant d’ex­pliquer, pour la prochaine fois, à quel moment il convient d’in­ter­ve­nir », avance Sophie, l’aî­née des deux sœurs. Après quelques années de vie de bureau, elles ont ressenti le besoin de se lancer dans l’ar­ti­sa­nat. « On a toujours fait du brico­lage ensemble. Au départ, on a exploré plusieurs pistes, la déco­ra­tion inté­rieure, le reloo­kage de meubles… puis on s’est inté­res­sées à la cordon­ne­rie  », explique-t-elle.

Ce qu’elles retiennent de leur forma­tion auprès des profes­sion­nels du cuir : un métier essen­tiel­le­ment mascu­lin et des hommes qui se plaignent des exigences des femmes sans pour autant essayer d’y répondre (XXXX), mais surtout « une défiance vis-à-vis des femmes à exer­cer ce métier. Lorsque j’ai été en forma­tion, j’ai essuyé beau­coup de remarques de ce type », confirme Géral­dine qui a passé son CAP pour ensuite trans­mettre son savoir à Sophie, sa sœur. « Au-delà de notre lien person­nel avec le quar­tier, c’est une des raisons pour laquelle nous avons choisi la Croix-Rousse pour nous instal­ler : ouvert, sensible au consommé local, c’est aussi un des rares quar­tiers de Lyon à avoir connu, dans le passé, une cordon­nière », rappelle Sophie, qui appré­cie ce coin plus calme. C’est aussi cette sensi­bi­lité fémi­nine, et l’en­vie de « dépous­sié­rer » ce métier qui fait la diffé­rence. « L’es­thé­tisme reste notre point fort. On va analy­ser les produits, cher­cher le détail, comprendre nos clients », avance Géral­dine. Complé­men­taires dans leur approche, les deux sœurs ont en commun l’œil qui pétille et un rire conta­gieux.

BIO EXPRESS
Sophie, 34 ans
Géral­dine, 31 ans

L’Ate­lier des cordon­nières,
12 rue Claude-Joseph-Bonnet, Lyon 4e.

LEUR SPOT PRÉFÉRÉ
Les deux sœurs aiment se retrou­ver au salon de thé/boutique Le Phono, 42 rue Jacquard, pour une pause gour­mande dans la semaine ou un brunch le week-end.

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