Mon quartier au quotidien


Vogue des marrons : quelles retom­bées pour le quar­tier

En six semaines, il y aurait entre 300 000 à 500 000 personnes qui fréquentent les allées de la Vogue des marrons. « Surtout les week-ends et pendant les vacances scolaires. Nous sommes en train de faire évaluer le nombre de visi­teurs pour avoir des données précises », avance Jérôme Theo­phi­los, élu de la zone du Gros Caillou au Comité de la Vogue.

Parmi les visi­teurs, beau­coup de familles non croix-rous­siennes qui viennent de l’en­semble de la région passer plusieurs heures à la Croix-Rousse. Un flot de visi­teurs qui profite essen­tiel­le­ment aux 70 familles de forains (85 manèges) qui s’ins­tallent chaque année pour l’une des dernières fêtes foraines de centre-ville en France.

Entre 200 et 600 euros de gain par heure et par manège

Il est diffi­cile d’ob­te­nir le chiffre d’af­faires de chaque forain. On estime que chacun peut gagner entre 200 et 600 € par heure en fonc­tion de son tarif et de la fréquen­ta­tion (3 € pour le manège famille, 5 € pour le manège sensa­tion, dès 1 € pour certains jeux d’adresse). Pour­tant, les dossiers sont toujours aussi nombreux à parve­nir à la mairie, qui décide du ton qu’elle souhaite donner à la Vogue. « J’ins­cris la Vogue dans mon calen­drier. Cela fait partie de mon itiné­raire. Ensuite, je pars à Cannes, puis à Grenoble. Chacun trace sa route  », explique un forain. La Vogue profite égale­ment aux bars alen­tour, moins aux commerces non alimen­taires du quar­tier. « Je vois essen­tiel­le­ment passer des prome­neurs, qui ne consomment pas. C’est un genre diffé­rent de nos ache­teurs habi­tuels  », commente une commerçante de la Grande rue. Quant à la collec­ti­vité, elle perçoit une indem­nité d’oc­cu­pa­tion des sols et assume une toute petite partie de la sécu­rité supplé­men­taire impo­sée par l’état d’ur­gence. Ce sont les forains qui assurent la facture de la sécu­rité privée ainsi que la réno­va­tion des pelouses s’il y a dété­rio­ra­tion.

Forain depuis trois géné­ra­tions

Reste à esti­mer la valeur patri­mo­niale et cultu­relle de l’évé­ne­ment. « Mon grand-père était forain dans les années cinquante. À cette époque, les gens venaient jouer comme au casino, dans de petits stands en bois. Ils gagnaient des seaux de farine et des gâteaux. Les familles viennent toujours cher­cher de la joie et le plai­sir de jouer  », avance un forain de 3e géné­ra­tion. Aujourd’­hui, les consoles de jeux ont remplacé les gâteaux, mais il reste encore les effluves des marrons chauds, syno­nyme de l’ar­ri­vée de l’au­tomne.

Stépha­nie Borg

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