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La folie brech­tienne s’em­pare de la Croix-Rousse

Après le Théâtre des Champs-Élysées, la semaine dernière, c’est au tour du metteur en scène Jean Lacor­ne­rie de rele­ver le défi brech­tien au Théâtre de la Croix-Rousse. La mise en scène est diffé­rente, point de Bob Wilson et de Berli­ner Ensemble, mais la même poésie pleine d’hu­mour qui permit la nais­sance de cette impi­toyable satire sociale. La créa­tion de Brecht et de Kurt Weill regorge de fureur, de scan­dales et d’ex­tra­va­gance. Pure produit de l’ex­pres­sion­nisme alle­mand, des années 30, l’Opéra de quat’­sous est toute­fois direc­te­ment tirée de l’Opéra du gueux écrit 200 ans aupa­ra­vant, en Angle­terre par John Gay. La toile de fond est la même, une pègre londo­nienne qui vit dans les bas-fonds de la capi­tale anglaise où ne règnent qu?assas­sins et flics corrom­pus et où une lutte de pouvoir fait fureur entre le roi des mendiants et un crimi­nel.

Un clas­sique tout public

De cela, Brecht et Weill ont tiré un clas­sique du réper­toire, où les person­nages s’adressent au public, où les bordures de la notion de théâ­tra­lité deviennent plus que floues et où les codes musi­caux dispa­raissent lorsque Weill commence à jongler entre le jazz et le caba­ret. Ni vrai­ment opéra, ni vrai­ment comé­die musi­cale, l’Opéra de quat’­sous est à la fron­tière entre les deux et tient plus du caba­ret musi­cal. Si l’adap­ta­tion en forma­tion réduite de Jean Lacor­ne­rie rejoint celle de Bob Wilson, en plus épuré. Après tout, il ne faut que des acteurs sachant chan­ter et des chan­teurs sachant jouer.

Opéra de quat’­sous, mis en scène par Jean Lacor­ne­rie, avec Jean-Robert Lay à la direc­tion musi­cale. Du jeudi 3 au 12 novembre au Théâtre de la Croix-Rousse. A 20h. De 5 à 22?. 

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